Ouest de la Centrafrique : des habitants « coupés du monde » à Zamboï, théâtre d’un éboulement meurtrier
Le 18 août 2026, un éboulement dans la mine de Zamboï, à la frontière entre le Cameroun et la République centrafricaine, a causé la mort de plusieurs dizaines de personnes. Malgré la richesse minière de cette ville, notamment en or, les habitants ne bénéficient pas des retombées économiques. Les infrastructures sont défaillantes et environ 20 000 habitants vivent dans un isolement marqué.
Pour atteindre Zamboï, il faut parcourir près de 60 kilomètres sur une piste en mauvais état. Selon Arthur, conducteur de mototaxi, « la route est vraiment notre plus grande difficulté. Pendant la saison des pluies, c’est encore pire ». Cette unique voie de transport est essentielle pour acheminer les produits vers et depuis la localité.
Bien que le sous-sol de Zamboï attire des activités d’exploitation aurifère générant des milliards de francs CFA, le contraste est saisissant. Honoré, un habitant, déplore : « Nous avons de l’or ici, mais regardez l’état de notre route ! ». Une partie de la route a été réhabilitée par la société d’exploitation, mais l’accès à Zamboï reste difficile.
L’isolement de Zamboï ne se limite pas à l’état des routes. Les habitants souffrent également d’un manque de connexion : pas de service téléphonique, pas de données mobiles, et l’accès à Internet est quasiment inexistant. Honoré explique : « Ici, quand on veut joindre quelqu’un, il faut parcourir 60 kilomètres jusqu’à Baboua. Nous sommes vraiment coupés du monde ». La seule connexion disponible provient du wi-fi de la société minière Douakouzou, mais elle est limitée à sa base et n’atteint pas l’ensemble du village.
La situation à Zamboï soulève des questions sur la gestion des ressources naturelles et le développement des infrastructures dans les zones riches en ressources, mais pauvres en services.
Source : RFI

