Pr Christophe Rapp :

Le risque de propagation d’Ebola est considéré comme très faible, voire nul

Le premier cas d’Ebola en France a été identifié le 24 juin. Le patient, un médecin humanitaire, revenait de la République démocratique du Congo (RDC), foyer épidémique du virus. Christophe Rapp, infectiologue à l’Hôpital américain de Paris, souligne qu’il ne faut pas céder à la panique.

Le professeur Rapp précise que le « scénario est très attendu ». Bien que le risque soit « élevé » pour les professionnels de santé humanitaires, la population générale n’a pas à s’inquiéter. La France est jugée bien préparée pour gérer d’éventuels cas supplémentaires.

Christophe Rapp affirme que le cas en question est particulier, car le médecin a respecté le protocole de sécurité en se signalant et en étant pris en charge directement à l’aéroport par le SAMU. Il a été conduit dans une chambre à pression négative, éliminant tout risque de contagion.

Concernant le risque pour la population, Rapp indique que, hormis les passagers du vol Kinshasa-Paris, qui seront surveillés pendant 21 jours, le risque de diffusion est considéré comme très faible, voire nul. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle que l’Ebola ne se transmet pas par voie aérienne et nécessite un contact direct avec les fluides corporels.

Les passagers contacts seront isolés à domicile et surveillés quotidiennement. En cas de symptômes, ils devront contacter le SAMU et seront hospitalisés dans un centre spécialisé.

En RDC, la souche Bundibugyo, responsable de l’épidémie, a un taux de létalité estimé entre 25 et 26 %. Actuellement, il n’existe ni vaccin ni traitement pour cette souche. Toutefois, les soins de support peuvent réduire la létalité.

La prise en charge du patient en France se fera par un traitement de support, visant à hydrater le patient et à gérer les symptômes. La charge virale du patient est actuellement très faible, ce qui est un indicateur positif pour son pronostic.

Les professionnels de santé sont formés pour se protéger lors de la prise en charge des patients infectés par Ebola, travaillant dans des chambres d’isolement à pression négative et suivant des protocoles stricts.

La France est capable de gérer quelques dizaines de patients grâce à ses centres de référence spécialisés. Les plans de préparation existent et sont régulièrement mis à jour.

Cette situation rappelle l’importance des protocoles de santé publique et de la vigilance face aux maladies infectieuses.

Source : L’Express

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