Ebola en RDC : des signes de recul, mais le pic reste incertain
L’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo (RDC) montre des signes de recul dans certaines provinces, mais la situation demeure préoccupante, notamment au Nord-Kivu, où les cas continuent d’augmenter de manière exponentielle. Selon Julien Harneis, Coordonnateur spécial de l’ONU pour Ebola, il est encore trop tôt pour affirmer que le pic de l’épidémie est passé.
Malgré des progrès dans certaines zones, l’épidémie reste mortelle et de grande ampleur. Les premiers signes d’amélioration sont fragiles, et une réponse soutenue est nécessaire pour faire face à cette crise qui restera exigeante en ressources pour les mois à venir.
Situation épidémiologique hétérogène
L’épidémie est intense et géographiquement étendue. Au 12 septembre, la RDC a signalé 7 200 cas et 3 475 décès répartis sur sept provinces et 62 zones sanitaires. Olivier le Polain, de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), a indiqué que les tendances nationales ne reflètent pas celles au niveau provincial ou local.
Des signes initiaux d’une diminution de l’épidémie ont été observés dans certaines zones, mais d’autres continuent d’enregistrer une augmentation des cas. Par exemple, aucun nouveau cas n’a été signalé au Sud-Kivu depuis fin mai, tandis que la province d’Ituri montre également des signes de réduction de la transmission.
Inquiétudes au Nord-Kivu
Au Nord-Kivu, la situation est alarmante. Les cas hebdomadaires ont presque doublé ces deux dernières semaines, passant d’environ 100 à plus de 200 nouveaux cas par semaine. Cette province, avec un total de 1 269 cas confirmés, représente près de 45 % des cas signalés la semaine précédente.
La province du Tshopo rapporte des cas sporadiques, tandis que le Haut-Uélé enregistre une transmission locale plus stable. La récente confirmation d’un cas au Sud-Ubangi souligne le risque d’une extension géographique de l’épidémie.
Davantage de fonds nécessaires
Les indicateurs de la situation restent préoccupants, notamment le nombre de décès dans les communautés qui échappent à la prise en charge. Les efforts doivent se poursuivre et être renforcés dans toutes les zones touchées. Julien Harneis a appelé à des fonds supplémentaires pour soutenir la réponse à l’épidémie et l’intervention humanitaire, avertissant que relâcher la pression pourrait avoir des conséquences désastreuses.
La lutte contre Ebola en RDC nécessite une mobilisation continue et des ressources adéquates pour éviter une aggravation de la situation.
Source : ONU, OMS

