Ebola en RDC : le traçage des patients progresse, mais l’épidémie garde une longueur d’avance

Ebola en RDC : Le traçage des patients progresse, mais l’épidémie garde une longueur d’avance

Les autorités sanitaires de la République démocratique du Congo (RDC) rapportent des avancées dans le traçage des personnes exposées au virus Ebola, mais l’épidémie continue de s’étendre. Dans son dernier point épidémiologique, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en lumière des chaînes de transmission non détectées, notamment à cause de malades atteignant un stade avancé sans avoir été pris en charge.

La manipulation des corps lors des funérailles est également un moment critique pour la contamination, surtout lorsque les mes de protection ne sont pas respectées. L’OMS souligne que la transmission se fait plus rapidement que la détection et l’isolement des cas, mettant à rude épreuve les capacités de recherche des contacts.

Un épicentre qui déborde de l’Ituri

L’épidémie reste concentrée géographiquement, avec environ 90 % des cas et 80 % des décès signalés dans la province de l’Ituri. La transmission s’organise autour de plusieurs foyers interconnectés, notamment le corridor Bunia-Rwampara-Mongbwalu-Nizi. D’autres foyers existent dans la province voisine du Nord-Kivu et la situation épidémique s’aggrave dans le Haut-Uélé. Au total, 53 des 140 zones sanitaires des cinq provinces touchées ont signalé des cas.

Données épidémiologiques

Les dernières statistiques des autorités congolaises indiquent 4 449 cas confirmés et 2 061 décès, ce qui correspond à un taux de létalité de 46 %. Depuis le début de l’épidémie, 886 personnes ont guéri. Ces chiffres placent la RDC sur une trajectoire potentiellement historique, avec cette flambée d’Ebola qui pourrait devenir la plus importante jamais enregistrée, surpassant l’épidémie d’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016.

Le traçage progresse, mais de manière inégale

Le taux de suivi des contacts a atteint pour la première fois 85 %, mesurant la proportion de personnes identifiées comme ayant été en contact avec un malade et effectivement suivies. Toutefois, cette moyenne nationale dissimule des disparités significatives, notamment dans le Haut-Uélé où le taux tombe à environ 58 % en raison de déclarations incomplètes.

Des lacunes subsistent également dans le signalement des alertes et l’identification des personnes exposées. Chaque malade échappant à cette surveillance peut maintenir une chaîne de contamination non détectée.

Défis sur le terrain

L’insécurité et la méfiance des communautés compliquent la recherche des contacts. L’OMS insiste sur l’importance de l’adhésion des populations pour identifier rapidement les malades et les orienter vers les soins. L’agence appelle à collaborer avec les responsables locaux pour renforcer la confiance et améliorer les interventions.

Les centres de traitement en Ituri sont désormais saturés, et au Nord-Kivu, les capacités d’accueil des patients restent insuffisantes. Dans le Haut-Uélé, aucune des six zones sanitaires touchées ne dispose d’un centre de traitement répondant aux normes requises. De plus, des retards dans le paiement du personnel d’intervention ont été signalés, affectant la motivation et la continuité des opérations.

Tant que la transmission de la maladie progressera plus rapidement que l’identification et l’isolement des cas, les efforts de traçage ne suffiront pas à inverser la dynamique de l’épidémie.

Source : OMS

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