Ebola en RDC : la riposte sanitaire progresse mais reste insuffisante face à l’épidémie.

Ebola en RDC : la riposte progresse mais demeure insuffisante

Ebola en RDC : la riposte progresse mais demeure insuffisante

La lutte contre Ebola en République Démocratique du Congo (RDC) est toujours à l’avantage du virus. Plus de cent jours après la déclaration de l’épidémie, le 15 mai, la flambée causée par la souche Bundibugyo est devenue la deuxième plus vaste épidémie d’Ebola de l’histoire, après celle qui a touché l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016.

Au 24 août, la RDC comptait 5 665 cas confirmés et environ 2 700 décès, répartis sur 58 zones de santé dans six provinces. Plus de 4 700 de ces cas se concentrent dans la province de l’Ituri, épicentre de la crise. Selon la Dre Marie Roseline Belizaire, directrice régionale des urgences de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « la transmission reste très active ». Elle a ajouté : « Nous avons ralenti l’accélération, mais nous n’avons pas encore infléchi cette courbe ».

Les conditions de circulation du virus posent un défi majeur. Les zones touchées se situent sur des axes miniers et commerciaux fréquentés par une population mobile, ce qui facilite la propagation du virus. Un pourcentage élevé de malades décède encore hors des centres de traitement, rendant difficile l’identification des personnes exposées. Les enterrements non sécurisés peuvent également ouvrir de nouvelles chaînes de contamination, et les enfants de moins de cinq ans sont particulièrement affectés, avec un taux de létalité approchant 70 %.

La situation humanitaire est exacerbée par trois décennies de conflits dans l’est du pays, rendant l’accès aux communautés difficile pour les équipes sanitaires. De plus, la défiance envers les autorités complique la surveillance. Le coordinateur de l’ONU pour Ebola en RDC a rapporté plus de 260 attaques contre des personnels de santé en six mois, avec 160 soignants ayant contracté Ebola, dont 43 en sont décédés.

Malgré ces défis, certains indicateurs montrent des signes d’amélioration. Le suivi des contacts a progressé de 40 % à 85 %, bien qu’il soit encore en dessous de l’objectif de 95 %. Plus de 22 000 contacts ont été identifiés, et la capacité de diagnostic atteint environ 3 000 tests par jour, grâce à 21 laboratoires opérationnels. Une cinquantaine de centres de traitement disposent désormais de plus de 1 300 lits, un chiffre qui devrait atteindre près de 1 700 d’ici mi-septembre.

Cependant, le principal obstacle médical persiste. Contrairement à l’espèce Zaïre du virus Ebola, la souche Bundibugyo ne dispose ni d’un vaccin homologué ni d’un traitement approuvé. Plus de 16 000 doses du vaccin Ervebo, destiné à Ebola Zaïre, ont été envoyées en RDC dans le cadre d’une livraison prévue de 70 000 doses, mais leur efficacité contre Bundibugyo reste à prouver.

L’OMS a également signalé un contraste frappant avec la situation en Ouganda, où l’épidémie a été déclarée terminée. En RDC, la situation continue de se détériorer. L’OMS a estimé à 30 millions de dollars le déficit immédiat nécessaire pour maintenir les opérations logistiques, avec un besoin supplémentaire de 20 millions pour sécuriser les chaînes d’approvisionnement. La Dre Belizaire a averti que sans cet investissement immédiat, l’élan acquis risque d’être compromis.

L’épidémie a déjà montré les conséquences d’un retard dans la réponse. Le virus circulait probablement depuis février, trois mois avant son identification. Bien que les moyens techniques se renforcent et que la surveillance progresse, la riposte doit s’accélérer dans un contexte de guerre, de défiance et de sous-financement.

Source : OMS

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