Pourquoi l’épidémie d’Ebola est-elle la pire qu’a connue la RDC ?

Pourquoi l’épidémie d’Ebola est-elle la pire qu’a connue la RDC ?

L’épidémie actuelle d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est désormais la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. Selon les données fournies par le média congolais Radio Okapi, au 18 août, 4 945 cas confirmés ont été recensés, entraînant la mort de 2 325 personnes. Ce bilan dépasse celui de l’épidémie de 2018-2020, causée par la souche de virus Zaïre, qui avait fait 2 299 victimes. La situation a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à déclarer une urgence de santé publique de portée internationale le 17 mai, son deuxième niveau d’alerte le plus élevé.

L’épidémie actuelle est causée par le virus Bundibugyo, identifié pour la première fois en Ouganda en 2007. À ce jour, aucun vaccin homologué ni traitement spécifique n’a été approuvé pour cette souche, bien que des recherches soient en cours. En revanche, le vaccin Ervebo, qui a été développé pour le virus Zaïre, a été recommandé pour un déploiement élargi, malgré l’absence de preuves de son efficacité contre le virus Bundibugyo.

La province de l’Ituri, dans l’est du pays, est le foyer principal de l’épidémie, mais celle-ci progresse rapidement, touchant déjà six des vingt-six provinces de la RDC. Les conflits armés dans la région compliquent la riposte sanitaire, entraînant des déplacements massifs de population, ce qui rend le contrôle de l’épidémie particulièrement difficile.

De plus, le désengagement des États-Unis en matière de santé publique, notamment la fermeture de l’USAID en 2025, a entraîné une diminution des ressources et des experts disponibles pour gérer les épidémies en RDC. Les mécanismes d’alerte n’ont pas fonctionné de manière adéquate, permettant à l’épidémie de se développer avant d’attirer l’attention internationale.

Enfin, des peurs et des freins sociétaux, tels que la défiance envers les autorités sanitaires et les croyances traditionnelles, ont également favorisé la propagation du virus. La fréquentation des structures de santé a considérablement diminué, les habitants craignant d’y être contaminés, ce qui risque de compliquer davantage la riposte sanitaire.

Source : Radio Okapi.

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