Ebola en République démocratique du Congo : plus de 5 000 cas recensés, l’OMS redoute une propagation internationale
L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) est « loin d’être maîtrisée », avec un risque « élevé » de propagation internationale, a averti Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lors d’une réunion du comité d’urgence de l’organisation.
La RDC a déclaré le 15 mai sa 17e épidémie d’Ebola dans des régions du Nord et de l’Est où la présence de l’État est fragile et les infrastructures de santé insuffisantes. Depuis cette déclaration, l’épidémie s’est rapidement propagée, avec près de 5 000 personnes infectées et plus de 2 300 décès signalés dans six provinces et 55 zones sanitaires.
C’est la deuxième fois que le comité d’urgence de l’OMS se réunit depuis que l’organisation a déclaré, le 17 mai, une urgence de santé publique de portée internationale. À l’issue de cette réunion, l’OMS a confirmé que l’épidémie reste une urgence de santé publique, avec des recommandations à venir pour la RDC et d’autres pays à risque.
Comparativement aux précédentes épidémies, celle-ci progresse à un rythme alarmant. En trois mois, la RDC a enregistré sept fois plus de cas et cinq fois plus de décès que lors des trois premiers mois de l’épidémie de 2014-2016 en Afrique de l’Ouest, qui avait causé plus de 11 300 morts. Cette épidémie actuelle est désormais considérée comme la deuxième plus importante jamais enregistrée en RDC.
Ebola, qui se transmet par contact avec les fluides corporels, a tué plus de 15 000 personnes en Afrique au cours des 50 dernières années. Bien qu’aucun vaccin ou traitement spécifique ne soit encore homologué pour le virus Bundibugyo, des essais cliniques sont en cours.
La réponse à l’épidémie est critiquée pour sa lenteur et son manque d’organisation, exacerbée par la défiance d’une partie de la population. Des incidents récents, tels que la vandalisation d’ambulances et des agressions contre le personnel médical, soulignent les défis rencontrés par les équipes de riposte.
L’Union européenne a annoncé l’envoi de tests de dépistage d’une valeur de 2,5 millions d’euros pour soutenir la lutte contre l’épidémie. L’OMS et ses partenaires prévoient d’intensifier la réponse sanitaire pour se rapprocher des communautés touchées.
Source : France 24



