Eau, pesticides, revenus : pourquoi la loi d'urgence agricole fait débat chez les agriculteurs

Eau, pesticides, revenus : pourquoi la loi d’urgence agricole fait débat chez les agriculteurs

Après plusieurs mois de débats, un compromis a été trouvé entre députés et sénateurs le 16 juillet sur la loi d’urgence pour la protection et la souveraineté agricoles. Ce texte, qui inclut des mes sur les pesticides et le stockage de l’eau, suscite des réactions mitigées au sein du monde agricole, notamment en Aveyron.

Cette loi, promise par le gouvernement face à la crise agricole, vise à faciliter le stockage de l’eau par la création simplifiée de mégabassines en milieu agricole. Elle ouvre également la voie à des dérogations pour l’utilisation de deux pesticides, l’acétamipride et le flupyradifurone, pour quatre cultures : betteraves, pommes, cerises et noisettes. Ces insecticides, bien que prohibés en France, sont autorisés dans l’Union européenne.

Marie-Amélie Viargues, présidente de la FDSEA 12, soutient que ces mes sont essentielles pour la survie des agriculteurs. Elle souligne que le stockage de l’eau est crucial pour garantir la production alimentaire, affirmant que « c’est de l’eau qui est répercutée dans la nourriture de tous les Français. » Elle estime également que les pesticides concernés n’affectent pas un grand nombre d’agriculteurs.

Cependant, la Confédération paysanne critique cette loi, la qualifiant de « lunaire » et non adaptée aux véritables besoins des agriculteurs. Bastien Brisson, secrétaire départemental de la CP en Aveyron, met en avant l’urgence de la question des revenus et de l’accompagnement social des paysans, évoquant des problématiques telles que le manque de fourrage et les pertes dues aux conditions climatiques extrêmes.

Brisson insiste sur le fait que la loi ne traite pas des enjeux cruciaux liés aux revenus des agriculteurs, soulignant que « on ne parle jamais de prix et de rentabilité dans l’agriculture. » Ce désaccord met en lumière une fracture au sein du monde agricole, entre ceux qui voient dans la loi une avancée nécessaire et ceux qui la considèrent comme une réponse insuffisante aux défis actuels.

Avec cet accord entre parlementaires, le texte devrait être voté définitivement en début de semaine prochaine, sauf surprise.

Source : FranceInfo

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