easyJet : le dossier de rachat par Castlelake et l’intérêt d’Air France-KLM
easyJet, l’une des principales compagnies low-cost européennes, attire l’attention des investisseurs. Le 29 mai 2026, le fonds américain Castlelake LP, spécialisé dans les actifs aéronautiques, a indiqué être « aux premiers stades d’examen d’une éventuelle offre » sur la compagnie britannique. Cette annonce a entraîné une hausse de l’action easyJet de plus de 9-10 % en une seule séance. Castlelake a jusqu’au 26 juin 2026 pour formuler une offre ferme ou abandonner le projet, sans qu’aucune approche formelle n’ait été faite au conseil d’administration d’easyJet, qui a qualifié la démarche d’« opportuniste ».
Contexte : une compagnie attractive dans un secteur en pleine consolidation
easyJet possède un portefeuille de créneaux très précieux dans des aéroports européens congestionnés, tels que Londres Gatwick, Luton, et Paris Orly. Ben Smith, PDG d’Air France-KLM, a qualifié ce portefeuille de « très impressionnant ». La flotte de la compagnie est jeune, majoritairement composée d’Airbus A320, et sa présence sur le marché français et européen est forte. De plus, la valorisation d’easyJet est perçue comme attractive dans un contexte de consolidation accélérée du secteur aérien européen.
La position d’Air France-KLM
Le 7 juin 2026, Ben Smith a déclaré que le groupe franco-néerlandais n’est pas actuellement impliqué dans une offre, mais qu’il « prendrait l’appel » de Castlelake si le fonds avançait avec une proposition concrète. Cette position reflète la stratégie d’Air France-KLM de participer activement à la consolidation européenne tout en restant prudent. Le groupe est en train de racheter les parts de Castlelake dans SAS pour en prendre le contrôle majoritaire.
Antécédents historiques
Ce n’est pas la première fois qu’un rapprochement est évoqué. En 2008, Air France-KLM avait étudié le rachat d’une participation importante d’environ 38 % pour environ 850 millions d’euros, projet finalement abandonné pour des raisons sociales et stratégiques. En 2019, des analystes de Citigroup avaient anticipé un rachat d’easyJet par Air France-KLM d’ici 2025.
Enjeux et scénarios possibles
Pour Castlelake, une acquisition totale ou une participation majoritaire pourrait être envisagée, avec une restructuration ou valorisation des actifs. easyJet, sous la direction de Johan Lundgren, reste indépendante et rentable. Pour Air France-KLM, une participation minoritaire ou un partenariat industriel permettrait d’accéder aux slots d’easyJet sans intégrer une low-cost pure dans le périmètre du groupe.
Conclusion
Le dossier easyJet est révélateur de la vague de consolidation qui touche l’aviation européenne post-Covid. Que Castlelake formalise une offre ou qu’Air France-KLM s’implique, cette situation met en lumière la valeur stratégique des compagnies low-cost matures. L’issue de ce dossier, à suivre d’ici fin juin 2026, dépendra de la détermination de Castlelake et de la réaction du conseil d’administration d’easyJet.
Source : EasyJet
