Du roman du terroir au roman écopoétique : un colloque sur l’évolution littéraire québécoise
Un colloque international intitulé « Du roman du terroir au roman écopoétique – du patriotisme à une québécité décolonisée ! » se tiendra les 27 et 28 mai 2027 à l’Université Hradec Králové, en République tchèque. Organisé par la Dr. Květuše Kunešová et la Prof. Dr. Marina Ortrud Hertrampf, cet événement vise à explorer les transformations majeures dans la littérature québécoise, notamment le passage d’une littérature nationaliste à une approche écopoétique.
Le roman du terroir, qui a émergé au XIXe siècle, a longtemps servi à préserver l’identité canadienne-française face à l’industrialisation et à l’exode rural. Des œuvres emblématiques comme La Terre paternelle de Patrice Lacombe et Maria Chapdelaine de Louis Hémon ont présenté la campagne québécoise comme un refuge moral, renforçant une vision nationaliste et religieuse de la terre. Cependant, cette littérature a également contribué à une logique coloniale interne en effaçant la présence autochtone.
À partir des années 1930, des écrivains commencent à remettre en question cette idéalisation par le biais de romans « anti-terroir », révélant les tensions sociales et économiques sous-jacentes. La Révolution tranquille a ensuite marqué une rupture, avec un abandon du paradigme de la survivance au profit d’une exploration des réalités urbaines et identitaires.
Depuis les années 1980, la littérature québécoise connaît un retour vers le territoire, mais sous une forme nouvelle : l’écopoétique. Cette approche contemporaine ne se limite pas à un rapport essentialiste à la terre, mais questionne les interactions entre humains et milieux naturels, en tenant compte des héritages coloniaux. Des auteurs tels que Pierre Yergeau, Monique Proulx et Naomi Fontaine abordent des thèmes de fragilité écologique et de mémoire traumatique, redéfinissant ainsi la relation à la nature.
L’écopoétique québécoise se distingue également par sa dimension décoloniale, en intégrant les mémoires autochtones et en remettant en cause l’idée de propriété sur la terre. Cette évolution transforme la notion même de québécité, passant d’une identité homogène à une pratique relationnelle ouverte aux diversités culturelles et environnementales.
En somme, le colloque proposera une réflexion sur ces continuités et ruptures, en examinant comment la littérature québécoise a évolué vers une conscience plus inclusive et décolonisée.
Source : Fabula.org
