Une sécheresse brutale pourrait avoir déclenché la fièvre jaune au Brésil
Une étude récente publiée dans Science Advances met en lumière un phénomène alarmant : une sécheresse extrême pourrait avoir contribué à la première épidémie urbaine de fièvre jaune au Brésil en plusieurs décennies. En 2015, un épisode d’El Niño a provoqué une sécheresse intense en Amérique du Sud centrale, poussant des singes et des moustiques à chercher de l’eau, et potentiellement à introduire le virus dans les villes brésiliennes.
Contexte
L’épidémie, qui a débuté fin 2016, a touché plus de 2 000 personnes, entraînant près de 750 décès. Les simulations informatiques suggèrent que le mouvement de primates infectés vers les zones urbaines, combiné à une augmentation des mors de moustiques en quête d’hydratation, a pu favoriser la propagation de la maladie.
La recherche souligne que la sécheresse, exacerbée par le changement climatique, pourrait devenir un facteur de risque accru pour des maladies infectieuses comme la fièvre jaune. Les experts, dont Nikos Vasilakis, virologue à l’Université du Texas, affirment que ces résultats fournissent un cadre pour des études supplémentaires sur ce sujet.
Données et statistiques
Le Brésil n’avait pas connu d’épidémie urbaine de fièvre jaune depuis 1942. Historiquement, le moustique Aedes aegypti a largement contribué à la transmission de ce virus, mais les populations de ce moustique avaient diminué après l’épidémie de Zika. L’épidémie de 2016 a été principalement alimentée par des moustiques du genre Haemagogus, qui infectent les primates dans les forêts.
Conséquence directe
Les comportements des animaux, influencés par la sécheresse, ont coïncidé avec d’autres facteurs, tels que des taux de vaccination faibles et la déforestation, créant un environnement propice à la résurgence de la fièvre jaune. Les chercheurs mettent en garde contre la probabilité d’événements similaires à l’avenir, avec des sécheresses plus fréquentes et prolongées.
Source : Science Advances



