DPE : pourquoi les classes moyennes voient leur patrimoine immobilier fragilisé

Fragilisation du patrimoine immobilier des classes moyennes : le DPE en ligne de mire

Le 15 juin 2026, une étude du laboratoire d’idées Génération Libre a révélé que le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) s’est progressivement transformé en un outil de contrainte économique. Initialement conçu pour informer les acheteurs et locataires, le DPE influence désormais la capacité à louer un logement, le besoin d’engager des travaux et le prix de vente des biens immobiliers.

Le DPE bouleverse la valeur du patrimoine immobilier

Selon l’étude, les logements classés F ou G se vendent en moyenne 49 % moins cher que ceux bénéficiant d’une étiquette A ou B. Le prix médian atteint ainsi 5 200 euros par mètre carré pour les logements les plus performants, contre seulement 2 600 euros par mètre carré pour les passoires thermiques. Cela modifie les conditions de vente sur le marché immobilier, où la note énergétique devient aussi déterminante que l’emplacement ou la superficie.

Cette situation affecte particulièrement les propriétaires modestes, souvent des ménages ayant acquis un logement pour préparer leur retraite ou transmettre un patrimoine. Les mauvaises notes du DPE entraînent des coûts de rénovation énergétique pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Beaucoup de propriétaires préfèrent accepter une décote lors de la vente plutôt que de financer des travaux difficiles à rentabiliser, transférant ainsi une partie du coût de la transition énergétique vers les classes moyennes.

DPE et travaux : une pression croissante sur les propriétaires

L’intégration progressive du DPE dans la réglementation du logement accentue cette pression. Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G sont considérés comme non décents et ne peuvent plus être loués. Les logements classés F seront concernés à partir de 2028, puis ceux classés E à compter de 2034, selon la loi Climat et Résilience adoptée en 2021. Le DPE est donc devenu un critère central dans l’accès au marché locatif.

Pour beaucoup de propriétaires, cela crée une obligation indirecte de réaliser des travaux souvent coûteux. L’isolation thermique, le remplacement du système de chauffage ou la rénovation des fenêtres représentent des investissements conséquents, que tous les ménages ne peuvent pas se permettre. La modification récente du coefficient de conversion de l’électricité dans le calcul du DPE a également suscité des critiques, car elle peut modifier la valeur d’un bien sans changement matériel.

Le DPE contribue-t-il à la tension sur le marché du logement ?

L’étude de Génération Libre indique que le DPE réduit l’offre locative disponible. Entre 2021 et 2024, la part des passoires thermiques dans les transactions immobilières est passée de 9,7 % à 18,5 %, avec un volume de ventes ayant progressé de 87 %. Face aux contraintes réglementaires et aux coûts des travaux, certains propriétaires choisissent de vendre plutôt que de louer.

Cette situation s’inscrit dans un contexte déjà tendu pour le logement en France, avec plusieurs millions de logements classés F ou G. Selon le baromètre France DPE, mis à jour en juin 2026, la question centrale dépasse désormais le cadre environnemental pour devenir économique et sociale. Les auteurs de l’étude plaident pour un retour à un système d’information, sans sanctions automatiques sur la location ou la vente, semblable à un « Nutri-Score du logement ».

Source : Génération Libre, étude publiée le 15 juin 2026.

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