Double séisme au Venezuela | Après la catastrophe, Caracas tente de se relever

Double séisme au Venezuela : Après la catastrophe, Caracas tente de se relever

« En ce moment, tout le monde pense à sortir les gens des débris. »

Sonia Gil a vécu les deux séismes à Caracas, mercredi. Deux jours après la catastrophe, le réseau téléphonique, déjà fragile, peine à maintenir la communication. « C’est un sentiment étrange. Il y a des parties de la ville où la destruction est apparente et d’autres où on dirait qu’il n’y a rien eu. Mais partout, l’atmosphère est lourde. Tout le monde veut aider, tu peux le sentir et le voir », explique-t-elle à La Presse.

Native de la capitale vénézuélienne, elle visitait ses parents. Au premier étage d’un immeuble, elle a ressenti le tremblement. « Je n’ai jamais senti quelque chose comme ça. C’était apparent, évident… c’était vrai. Je n’arrivais pas à tenir mon équilibre, alors j’ai tenu ma mère et nous nous sommes mis sous un cadre de porte. C’est tout ce dont je me rappelais des simulations à l’école. »

Sonia Gil est restée allongée pendant les deux séismes, puis a pu s’en sortir indemne avec sa famille. Cependant, la situation est tragique pour d’autres. À Caracas et dans l’État de La Guaira, des milliers de personnes recherchent leurs proches sous les décombres, après que deux séismes de magnitude 7,2 et 7,5 ont frappé le nord du pays en moins d’une minute.

Plus de 50 000 personnes étaient portées disparues vendredi. « Il s’agit d’une opération de secours extrêmement complexe », a déclaré Tom Fletcher, responsable de l’aide humanitaire de l’ONU, à l’AFP. Le bilan des morts a également considérablement augmenté, atteignant 920 morts et 3 360 blessés, selon Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale. Un nombre presque quadruple par rapport à la veille.

De nombreux Vénézuéliens se retrouvent sans domicile, plusieurs milliers dormant dans des parcs ou des places publiques. Des écoles seront utilisées comme abri, a déclaré le ministère de l’Éducation.

De l’aide et des obstacles

À l’international, le Canada a débloqué 5 millions de dollars pour contribuer aux efforts de sauvetage, prévoyant d’envoyer de l’aide alimentaire d’urgence, de l’approvisionnement en eau et des services de santé. Plus d’une quinzaine de pays, dont le Chili, la Colombie et les États-Unis, ont déjà manifesté leur volonté d’aider Caracas.

Cependant, des difficultés persistent. André Charlebois, coordonnateur des programmes humanitaires chez Oxfam-Québec, a déclaré à La Presse qu’il n’y avait pas assez d’aide effective sur le terrain. « Il n’y a pas suffisamment de ressources pour les recherches de survivants », a-t-il ajouté, soulignant le manque de préparation dans un pays touché par des années de mauvaise gestion.

Washington a également suspendu ses sanctions économiques pour quatre mois, permettant toutes transactions liées aux opérations de secours jusqu’au 23 octobre. Néanmoins, la reconstruction sera compliquée par les dommages subis par le plus grand aéroport et le plus important port naval du pays, deux infrastructures essentielles pour recevoir l’aide internationale.

Avec l’Agence France-Presse et Associated Press

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