La France fait face à une pénurie de dons de gamètes en 2025
Cinq ans après la promulgation de la loi bioéthique, l’Agence de la biomédecine signale une demande exponentielle d’ovocytes et de spermatozoïdes, multipliée par six. Cependant, le nombre de dons reste insuffisant pour répondre aux besoins croissants.
En 2025, l’Agence a enregistré 1 050 femmes ayant donné leurs ovocytes, soit une augmentation de 13 % par rapport à l’année précédente, et 1 015 hommes ayant donné leurs spermatozoïdes, bien que ce chiffre soit en légère baisse. Malgré ces progrès, l’agence souligne que le nombre de donneurs et de donneuses est encore insuffisant pour satisfaire l’ensemble des projets parentaux dans des délais raisonnables. Le délai d’attente moyen pour un don de spermatozoïdes est actuellement de 17,7 mois.
L’Agence de la biomédecine a documenté plus de 11 700 demandes de gamètes provenant de couples de femmes et de femmes seules, ainsi que 1 350 demandes de couples hétérosexuels. Depuis l’adoption de la loi bioéthique en 2021, la demande de gamètes a explosé, atteignant près de 60 000 demandes et plus de 43 000 tentatives de procréation assistée.
Cette hausse n’a pas été anticipée, selon Cécile Lemaître, directrice de la procréation, de l’embryologie et de la génétique humaines. À la fin de 2025, plus de 8 700 personnes étaient inscrites sur liste d’attente pour un don de spermatozoïdes, tandis que près de 2 650 attendaient un don d’ovocytes. Pour remédier à cette pénurie, il faudrait augmenter d’un tiers le nombre de donneurs de spermatozoïdes et doubler le nombre de donneuses d’ovocytes.
Les délais de prise en charge en assistance médicale à la procréation (AMP) demeurent longs, en raison de l’engorgement du système et de la disponibilité limitée des gamètes. Cette situation est particulièrement préoccupante pour les personnes issues de la diversité, qui recherchent souvent des donneurs ayant des caractéristiques ethniques similaires. Bien qu’il n’existe pas de statistiques ethniques en France, il est connu que cela peut allonger les délais d’attente.
L’Agence de la biomédecine continue de travailler sur des stratégies pour inciter davantage de personnes à devenir donneurs, afin de répondre à cette demande croissante.
Source : Franceinfo

