Donald Trump menace l’industrie automobile américaine par des tensions avec le Canada.

Automobile : en attaquant le Canada, Donald Trump fragilise aussi. l'industrie américaine

En attaquant le Canada, Donald Trump fragilise aussi l’industrie américaine

« Je ne veux pas de voitures canadiennes, je ne veux pas de pièces canadiennes ». Ces déclarations de Donald Trump sur Truth Social, le 30 août, indiquent clairement que le président américain cible le secteur automobile canadien. Quelques jours auparavant, il menaçait d’imposer des taxes de 50 % sur les voitures, poids lourds et pièces détachées canadiennes à partir de janvier.

Le secteur automobile canadien, représentant 10 % des exportations du pays, est déjà en difficulté. Soumis à des droits de douane élevés et à l’incertitude entourant l’accord Canada – États-Unis – Mexique (ACEUM), il fait face à des défis structurels majeurs. En mai, la Royal Bank of Canada prévoyait qu’en 2040, « toutes les usines canadiennes de montage automobile pourraient avoir fermé leurs portes ».

Chad Bown, chercheur au Peterson Institute for International Economics, souligne les effets négatifs de cette escalade commerciale sur les deux pays. Bien que la cible semble être le Canada, le véritable enjeu devrait être la Chine et sa domination sur le marché. En attaquant le Canada, Washington nuit à un allié essentiel dans la lutte contre Pékin, ce qui pourrait inciter les consommateurs canadiens à se tourner vers des produits chinois en raison de l’augmentation des prix.

Les chaînes d’approvisionnement automobiles sont profondément intégrées entre les États-Unis et le Canada. Les constructeurs des deux pays subissent les conséquences des droits de douane. Les lignes d’assemblage canadiennes sont sous pression, tandis que les équipementiers américains ressentent les effets des mes de rétorsion d’Ottawa. Les véhicules sont souvent taxés plusieurs fois lors de leur traversée de la frontière, ce qui complique la situation pour les constructeurs.

Si ces taxes persistent, l’industrie automobile canadienne pourrait s’effondrer, à l’instar de l’Australie, qui a cessé de produire des voitures sur son sol en 2017. Le Canada pourrait se retrouver dans une situation similaire, où la demande intérieure ne suffirait pas à maintenir une industrie automobile viable, le conduisant à acheter des véhicules, principalement en provenance de Chine.

Pour éviter cette issue, Ottawa pourrait envisager des subventions pour soutenir son industrie automobile. Toutefois, cela pourrait s’avérer coûteux et inefficace, comme l’a montré le cas australien. Par ailleurs, les usines américaines de Détroit dépendent fortement des pièces canadiennes, et une réduction de l’industrie canadienne pourrait également nuire à la compétitivité des constructeurs américains.

La défiance entre les deux pays s’intensifie, le Canada cherchant à diversifier ses échanges en explorant de nouveaux marchés. Des investissements majeurs, comme la construction d’oléoducs, sont nécessaires pour acheminer le pétrole vers d’autres destinations. Une fois ces infrastructures en place, la réorientation commerciale pourrait devenir irréversible.

Quant à l’accord trilatéral avec le Mexique, les négociations avec le Canada stagnent, ce qui soulève des interrogations sur l’avenir de l’ACEUM.

Source : L’Express.

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