Dolphin X : ce nouvel infostealer utilise l'IA pour trier ses victimes

Dolphin X : un nouvel infostealer utilise l’IA pour cibler ses victimes

Plus de 300 applications, allant des navigateurs aux clés SSH, en passant par les portefeuilles de cryptomonnaies, sont désormais des cibles pour Dolphin X, un malware voleur de données pour Windows. Ce logiciel malveillant, mis en vente sur un forum cybercriminel, se distingue par un module d’intelligence artificielle (IA) chargé de désigner les victimes les plus rentables.

Un rapport publié le 22 juillet 2026 par Daniel Kelley, chercheur senior en sécurité chez Varonis, détaille le fonctionnement de Dolphin X. Ce malware est décrit comme très polyvalent, capable d’agir comme stealer, RAT (Remote Access Trojan), botnet DDoS ou loader. Sur le forum où il est proposé, Dolphin X est qualifié de « couteau suisse » des malwares.

En pratique, Dolphin X peut exfiltrer des données de 300 applications différentes. Selon Varonis, une seule archive exfiltrée peut contenir des informations provenant de neuf navigateurs, plus de 100 extensions de portefeuilles de cryptomonnaies, 65 portefeuilles crypto installés localement, 10 gestionnaires de mots de passe, 30 outils de ligne de commande dédiés au Cloud, ainsi que des fichiers .env, des clés SSH et des jetons d’authentification Cloud.

Le panneau opérateur de Dolphin X affiche 329 fonctionnalités réparties en dix catégories. Les postes de travail de développeurs sont particulièrement ciblés, car ils contiennent souvent des clés SSH et des fichiers .env révélant des informations sensibles. La compromission d’un seul PC peut offrir un accès à d’autres environnements via les données volées.

Une caractéristique notable de Dolphin X est son module AI Profiler, qui analyse les logiciels installés et l’activité des utilisateurs pour attribuer un score de risque à chaque machine infectée. Les cybercriminels reçoivent un résumé quotidien classant les victimes, facilitant ainsi l’identification des cibles les plus rentables. Varonis compare cette fonctionnalité à un système de tri automatisé, qui permet aux attaquants de prioriser leurs actions.

L’architecture de Dolphin X est conçue pour compliquer sa détection. L’opérateur ne compile rien sur sa propre machine, mais utilise un client de bureau pour configurer le malware. La compilation a lieu sur un serveur distant, permettant de modifier chaque binaire avant livraison et d’alimenter un moteur de mutation qui rend chaque échantillon unique, compliquant ainsi la détection par empreinte de fichier.

Dolphin X représente une évolution inquiétante dans le paysage des malwares, illustrant comment l’IA peut être intégrée dans les outils des cybercriminels, augmentant ainsi leur efficacité.

Source : Varonis.

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