Dix ans après l’attentat de Nice, un assourdissant silence
Le 14 juillet 2016, un camion de 19 tonnes a percuté une foule sur la promenade des Anglais à Nice, faisant 86 morts, dont 15 enfants et adolescents. Des centaines de personnes ont été blessées, et des milliers ont subi des traumatismes, entraînant une longue reconstruction physique et psychologique. Cette date, initialement marquée par la célébration de la fête nationale, s’est transformée en un jour de deuil pour la France.
Depuis les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher en 2015, la France a pris conscience de la menace islamiste. Des mouvements de solidarité comme « Je suis Charlie » ont mobilisé des millions de personnes. En revanche, l’attentat de Nice a suscité moins d’écho médiatique. Après un hommage national en octobre 2016, et quelques cérémonies annuelles, le procès des responsables en 2022 a eu lieu dans une relative indifférence.
L’attentat de Nice, caractérisé par l’utilisation d’un véhicule, diffère des attaques terroristes plus spectaculaires. Ce type de terrorisme, qualifié de « low cost », ne se prête pas à une narration dramatique. De plus, la ville de Nice, bien que célèbre, n’attire pas la même attention médiatique que Paris. Les victimes, issues d’une population diverse, n’ont pas trouvé un écho suffisant dans les médias, leur douleur étant souvent relayée par des associations de victimes.
Le silence qui entoure cet événement est également renforcé par des polémiques politiques qui ont suivi l’attentat, notamment sur l’efficacité des mes de sécurité. De nouvelles attaques ont encore frappé Nice, comme celle de la basilique Notre-Dame en octobre 2020, soulignant une menace persistante.
Les victimes de l’attentat de Nice et leurs familles méritent d’être reconnues et leur mémoire doit être préservée. La mémoire n’est pas un luxe, mais un impératif moral et politique. Ce que la France a offert à Paris doit également être accordé à Nice, en hommage aux 86 victimes et à cette ville résiliente.
Source : L’Express.
