Quand les usages précèdent le droit : étude sur les divorces en Suisse
En 2026, le divorce est devenu une réalité courante en Suisse, avec 16 123 divorces prononcés en 2024 selon l’Office fédéral de la statistique (OFS). Parmi ces séparations, 95 % se font par consentement mutuel, un régime qui, officiellement, existe depuis l’an 2000. Avant cette date, le divorce était principalement basé sur le régime de la faute, obligeant un époux à prouver la responsabilité de l’autre dans l’échec du mariage. Cette évolution législative est intervenue tardivement par rapport à d’autres pays européens.
Cependant, une étude récente remet en question cette vision simplifiée de l’évolution du divorce en Suisse. Une équipe de recherche interdisciplinaire, financée par le Fonds national suisse pour la recherche (FNS), a examiné un corpus de 1 000 jugements de divorce de première instance entre 1960 et 2020. Les chercheuses Marta Roca Escoda et Fiona Friedli, en collaboration avec les historiennes Anne-Françoise Praz et Aurore Müller, ont comparé les pratiques dans deux cantons aux traditions confessionnelles distinctes : Fribourg, majoritairement catholique, et Vaud, protestant.
Les résultats de cette étude montrent que des séparations par consensus existaient bien avant l’an 2000, défiant l’idée que ce régime de divorce était une nouveauté. Les conclusions de cette recherche soulèvent des questions sur la perception actuelle du divorce et sur la manière dont les usages sociaux peuvent influencer le droit.
Source : Office fédéral de la statistique (OFS), étude financée par le Fonds national suisse pour la recherche (FNS).



