Divorce, smartphones et contrôle : la BBC examine comment les talibans dirigent l’Afghanistan
Le gouverneur Abdullah Sarhadi, ancien commandant taliban, a récemment été impliqué dans une audience où une jeune femme de 18 ans a exprimé son désir de divorcer, accusant son mari de mauvais traitements. Cet échange a eu lieu dans son bureau à Sheberghan, au nord de l’Afghanistan, et révèle les tensions persistantes sous le régime taliban.
Dans un pays où l’accès à l’éducation secondaire pour les filles est interdit, la jeune femme a défendu sa demande avec assurance, affirmant : « S’il y avait la moindre chance que nous puissions vivre ensemble, je ne serais pas ici… J’ai pris ma décision. » Malgré ses efforts, le gouverneur a tenté de la dissuader, déclarant que les femmes sont « dépourvues de raison », provoquant les rires de ses collaborateurs.
Cette scène met en lumière la réalité des droits des femmes en Afghanistan, cinq ans après le retour au pouvoir des talibans, qui affirment avoir évolué, mais dont les politiques rappellent celles des années 1990, basées sur une interprétation stricte de la charia.
Les femmes sont désormais exclues de nombreux secteurs de travail et n’ont pas le droit de voyager seules. Selon des rapports récents, trois personnes sur quatre en Afghanistan ne parviennent pas à subvenir à leurs besoins fondamentaux, soulignant la crise humanitaire persistante dans le pays.
La BBC a également obtenu un accès limité à des figures influentes du régime taliban, qui, bien qu’ayant changé de statut, semblent encore ancrées dans des mentalités passées. Le gouverneur Sarhadi a conseillé à la jeune femme de rester mariée, en lui demandant : « Qui voudrait m’épouser après mon divorce ? »
Ce climat d’oppression s’étend au-delà des femmes, touchant également la liberté d’expression. Les journalistes rapportent des interrogations par les services de renseignement des talibans, ce qui alimente un environnement de peur et de répression.
En dépit des promesses de changement, la réalité sur le terrain montre que les talibans continuent d’imposer des restrictions sévères, notamment sur l’éducation des filles et la liberté de la presse, laissant de nombreuses questions sans réponse quant à l’avenir de l’Afghanistan.
Source : BBC



