Au Sénégal, l’inquiétude des familles de migrants disparus
Partis pour regagner l’Europe dans l’espoir d’une vie meilleure, de nombreux migrants disparaissent sans laisser de traces. Derrière eux, des familles vivent pendant des années dans l’attente et l’incertitude. Dans la commune de Vélingara, au sud du Sénégal, ces absences prolongées sont devenues une réalité qui plonge plusieurs foyers dans une résignation totale. Des familles continuent à chercher des nouvelles de leurs proches disparus sur les routes de la migration.
À Vélingara, Assane Baldé est sans nouvelles de son frère Ndiaga depuis octobre 2016. Parti pour rejoindre l’Europe, il n’a plus jamais donné signe de vie. « Le dernier message que j’ai reçu de lui, c’était vers le 24 octobre 2016. Nous étions inquiets et voulions savoir dans quelles conditions il était. Il ne répondait pas. C’est vers le début du mois de novembre 2016 qu’on nous a fait savoir qu’il était porté disparu », raconte-t-il.
Dans le village voisin de Kayel Bessel, Gnada Baldé attend le retour de son fils disparu depuis 2006. Cette attente l’a même conduit à être victime d’une escroquerie après qu’un inconnu lui a promis des informations sur son enfant. « L’année dernière, quelqu’un m’a appelé pour me dire qu’il savait où se trouvait mon fils disparu. Il m’a demandé 65 000 francs CFA pour le libérer de la prison où il était détenu en Libye. J’ai tout fait pour rassembler la somme, mais depuis, cette personne ne m’a plus jamais donné de nouvelles », explique-t-il.
Les épouses des migrants disparus vivent elles aussi avec ce vide. Mariama Sabaly n’a plus reçu de nouvelles de son mari depuis 20 ans. Sans certitude sur son sort, elle poursuit sa vie avec résignation. « Cela fait maintenant 20 ans qu’il est parti. La dernière fois que j’ai eu de ses nouvelles, il était encore à Dakar. J’ai quitté la maison conjugale pour retourner vivre chez mes parents avec nos deux enfants. C’est très compliqué, je suis totalement perdue. Et rien ne me dit qu’il est toujours en vie », confie-t-elle.
Depuis 2014, la Croix-Rouge sénégalaise et le Comité international de la Croix-Rouge ont mis en place un programme d’accompagnement pour ces familles affectées par la disparition de proches sur les routes de la migration. Ce programme inclut un appui psychosocial, économique et un accompagnement juridique.
Source : RFI
