Ils veulent enterrer l’affaire

Voilà huit ans que Tiphaine Véron a disparu lors d’un voyage à Nikkō, au Japon. L’occasion pour ses proches de lui rendre hommage mais également de rencontrer la police locale. Si celle-ci parle toujours d’un accident, les proches de Tiphaine Véron pointent des incohérences. Le ton est même monté.

À des milliers de kilomètres de chez elle, à Nikkō, en plein cœur du Japon, la mémoire de Tiphaine Véron subsiste. Le 29 juillet 2026, une statue à sa mémoire est érigée par ses proches en compagnie de l’ambassadrice de France au Japon, Béatrice Le Fraper du Hellen. Damien Véron, le frère de Tiphaine, évoque un moment émouvant : « L’ambassadrice a prononcé un discours plein d’humanité. »

Depuis 2018, Damien et d’autres proches se battent pour connaître la vérité sur la disparition de Tiphaine. La police locale de Nikkō a rapidement privilégié la thèse de l’accident. Cependant, les proches n’y croient pas et commencent leurs propres recherches, constatant des incohérences. Malgré leur insistance, la police maintient sa version et clôt l’affaire.

Les proches de Tiphaine, notamment Damien, n’abandonnent pas et s’efforcent de garder l’affaire vivante, collectant des fonds pour financer leurs recherches. Ils découvrent des éléments, comme des données GPS du téléphone de Tiphaine, qui contredisent la version du gérant de l’hôtel Turtle Inn, le dernier à l’avoir vue. Ce dernier avait affirmé qu’elle était sortie, mais selon les analyses, il n’y a aucune indication qu’elle ait quitté l’hôtel le jour de sa disparition.

En dépit des nouvelles preuves, la police de Nikkō n’a pas réinterrogé l’hôtelier. Damien Véron souligne que l’hôtelier semble stressé et qu’il a un fils qui n’a jamais été auditionné. « Il y a un truc bizarre dans cette famille », déclare-t-il.

La veille de l’anniversaire de la disparition, une nouvelle rencontre est organisée avec la police locale, cette fois en présence de représentants de la police nationale, sous l’impulsion de la diplomatie française. L’objectif est que ces derniers prennent conscience des incohérences et incitent la police de Nikkō à agir.

Cependant, la réunion se passe mal. Damien Véron rapporte : « Je pense qu’ils sont en colère à cause de la statue. » Aucun représentant des autorités locales n’était présent à l’inauguration de la statue. Ces derniers ont même tenté de dissuader la famille de l’installer sur un terrain privé, à la vue de tous.

Les tensions s’intensifient lorsque la police commence à revenir sur la thèse de l’accident, évoquant des conditions météorologiques défavorables le jour de la disparition. Les proches, armés de relevés de la rivière, contestent cette version. Malgré cela, la police de Nikkō refuse d’explorer les données GPS.

Après la réunion, la situation se dégrade encore. Pour la première fois depuis huit ans, des affiches appelant à témoigner sur la disparition de Tiphaine sont arrachées. Damien Véron déclare : « On sent vraiment qu’ils veulent enterrer l’affaire et passer à autre chose. »

Malgré ces tensions, les proches de Tiphaine conservent un espoir. Des représentants de la police nationale et de la commission de sécurité publique du département de Tochigi ont assisté à la réunion et pourraient intervenir dans le dossier. Cependant, aucune action immédiate n’est attendue. L’ambassadrice a prévenu la famille de ne pas s’attendre à une intervention rapide.

Les proches de Tiphaine Véron continuent de réclamer des réponses et espèrent que la diplomatie française pourra peser sur la situation. Huit ans après, leur quête de vérité persiste.

Source : France 3

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