Affaire des militaires disparus dans le Var : le parquet de Toulon lance un appel à témoins
Le 29 mai dernier, le procureur de la République a mis en examen cinq membres d’une même famille vivant dans le Var dans une affaire de meurtres et de traite d’êtres humains visant deux jeunes militaires. Le parquet de Toulon a lancé un appel à témoins pour identifier d’autres disparus.
Y a-t-il d’autres victimes dans l’affaire des militaires disparus ultramarins ? C’est la question que se pose le parquet de Toulon. Dans un communiqué en date du 20 juillet, il invite toute personne ayant des informations sur d’éventuelles disparitions de personnes originaires des îles pacifiques dans le Var au cours des dernières années à se manifester. Les témoins sont invités à contacter la section de recherches de la gendarmerie à l’adresse suivante : srgmard.toulon@gendarmerie.defense.gouv.fr.
Cette affaire a émergé suite aux révélations de Var-matin, où le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, a annoncé que cinq membres d’une même famille avaient été mis en examen le 29 mai. Ils sont soupçonnés de « traite d’êtres humains commise en bande organisée » et de « séquestrations de plusieurs personnes commises en bande organisée », visant plusieurs jeunes militaires qu’ils auraient rencontrés. Trois d’entre eux sont également mis en examen pour « meurtres ».
Les deux disparitions de jeunes militaires sont au cœur de cette affaire. Le premier, Jacques Pakeso, né en 1997 à Nouméa, n’avait plus donné de signe de vie à sa famille depuis mai 2022, après avoir quitté la Nouvelle-Calédonie pour effectuer ses classes dans la Marine nationale à Saint-Mandrier-sur-Mer (Var). La seconde disparition concerne Mike Gineste, né en 1988 à Papeete, à Tahiti, qui était considéré comme déserteur par la Légion étrangère et dont la famille n’avait plus de nouvelles depuis mai 2023.
Les enquêteurs ont également constaté que cette famille avait hébergé d’autres jeunes militaires originaires des Outre-mer entre 2011 et 2023. Sept d’entre eux ont signalé avoir été dépouillés de leurs moyens de paiement et de leurs documents d’identité, puis violentés et séquestrés.
Des ossements susceptibles de correspondre aux deux militaires disparus ont été découverts dans les Bouches-du-Rhône, sur deux sites différents. Selon le procureur, ces ossements font l’objet d’expertises successives, et la dernière étape consistera à prélever l’ADN pour les comparer avec les éléments d’identification génétique des deux soldats disparus. Le parquet indique que la section de recherches de la gendarmerie maritime poursuit de nombreuses investigations sous l’autorité du magistrat instructeur. Les résultats devraient être connus « avant la fin du mois de juillet ».
Source : France 3 Régions
