Disparition d'Axel Ganz : la réalisatrice Isabelle Clarke se souvient de cet « immense bâtisseur »

Disparition d’Axel Ganz : la réalisatrice Isabelle Clarke se souvient de cet « immense bâtisseur »

Le 21 juillet, Axel Ganz, fondateur de Prisma Presse, est décédé à l’âge de 88 ans. Isabelle Clarke, réalisatrice, l’a rencontré il y a près de vingt ans lors du tournage d’un documentaire pour Arte, intitulé Le Tigre de la presse magazine, diffusé en novembre 2006. Elle évoque une époque marquée par la fin de l’âge d’or de la presse magazine, soulignant que « c’est tout un monde qui disparaît avec lui ».

Lors de ce tournage, Axel Ganz, qui s’apprêtait à prendre sa retraite, faisait le bilan d’une carrière qu’il qualifiait de « formidable ». Clarke décrit un homme complexe, doté d’une énergie « communicative », et exprime sa gratitude d’avoir pu le rencontrer, le qualifiant d’« être extraordinaire ».

Un patron impressionnant, mais chaleureux

Bien qu’Axel Ganz soit perçu comme un patron inflexible, Clarke a découvert un homme chaleureux et modeste. « Il se mettait toujours à hauteur d’homme ou de femme, mais pouvait être très impressionnant par son immense réussite », note-t-elle. Selon elle, son exigence était accompagnée d’un « vrai sens du jeu », faisant des magazines ses « jouets ».

Une urgence permanente

Ganz détestait perdre du temps, même lors du tournage. « Il disait : je ne veux pas perdre de temps, j’économise mon énergie », se souvient Clarke. Il était reconnu pour sa capacité à anticiper les évolutions du secteur, ce qui lui a valu le surnom de « tigre ». Clarke le décrit comme un « visionnaire formidable », toujours positif quant à l’avenir de la presse, bien qu’il ait anticipé les difficultés liées à la gratuité de l’information sur Internet.

Un patron acclamé

La scène marquante du documentaire est celle du départ d’Axel Ganz de Prisma Media en 2005. Bien qu’il ait imaginé quitter discrètement l’entreprise, il a été accueilli par des applaudissements de ses collaborateurs, un moment qui l’a profondément ému.

Clarke se souvient également d’un homme dont le rêve était de jouer du piano le soir, un souhait qu’il n’a pas pu réaliser avant sa retraite. Le couple qu’il formait avec sa femme était caractérisé par une grande complicité, un aspect qu’elle a particulièrement apprécié lors du tournage.

Isabelle Clarke et Axel Ganz se sont recroisés lors de projections au fil des ans, et elle lui avait écrit récemment. « C’était quelqu’un avec qui on avait envie de prendre le train et d’inventer quelque chose », conclut-elle.

Source : Capital

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