Discussions entre la Syrie et Israël

(Damas) La Syrie et Israël ont tenu dimanche des discussions de haut niveau en Jordanie, Damas affirmant vouloir désamorcer la crise provoquée par une attaque israélienne et rester à l’écart des tensions entre Israël et la Turquie.

Cette frappe sur une base aérienne du nord de la Syrie, vivement condamnée par Damas, visait selon Israël à empêcher le déploiement de troupes turques. Ankara a démenti toute présence militaire dans la région.

Selon des sources interrogées par l’AFP, le ministre syrien des Affaires étrangères, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, Roman Gofman, ont rencontré des responsables en Jordanie. Ils ont discuté de la mise en place d’une « salle des opérations spéciales » en Jordanie, sous supervision américaine, pour éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie.

L’agence de presse officielle syrienne Sana a confirmé que ces pourparlers, parrainés par les États-Unis, visaient à « une désescalade après le récent bombardement israélien du territoire syrien ». Un groupe dirigé par le chef de la diplomatie syrienne a échangé avec une « délégation israélienne de haut niveau » pour s’asr que les tensions actuelles entre les deux pays ne se répercutent pas sur le territoire syrien.

La Turquie, premier pays musulman à reconnaître Israël, entretient des relations tendues avec le président Recep Tayyip Erdogan, qui a récemment qualifié Benyamin Nétanyahou de « dictateur antisémite ».

Un porte-parole du bureau du premier ministre israélien a indiqué ne pas avoir de commentaire à faire à ce sujet. Ces négociations sont les premières entre Israël et la Syrie depuis plusieurs mois. Suite à l’arrivée au pouvoir fin 2024 de l’islamiste Ahmad al-Chareh, Israël a mené des centaines de frappes contre la Syrie.

L’armée israélienne a également effectué des incursions dans le sud de la Syrie, déployant des troupes dans une zone tampon sous surveillance de l’ONU, séparant les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, où Israël a établi une « zone de sécurité ».

En parallèle, les deux pays ont tenu plusieurs cycles de discussions directes sous pression des États-Unis. À l’issue des négociations en janvier, un mécanisme de partage de renseignements avait été convenu. Un diplomate arabe à Damas avait mentionné qu’une salle d’opérations conjointe en Jordanie devait notamment suivre les questions de sécurité et de contrôle des frontières.

Tom Barrack, l’émissaire américain en Syrie, a condamné le bombardement israélien, le qualifiant d’« escalade inutile ». Dans un entretien diffusé récemment, il a suggéré que cette frappe pourrait avoir été destinée à provoquer un conflit avec la Turquie, dans un contexte électoral difficile pour le premier ministre israélien.

Les discussions ont eu lieu au lendemain de frappes israéliennes sur des combattants en Syrie, près du plateau du Golan, faisant état d’un blessé et dénonçant une « violation flagrante » de la souveraineté syrienne.

Source : AFP

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