Créer une start-up au Japon : la galère des entrepreneurs étrangers
Beau Becker, installé à Tokyo depuis deux ans, fait face à une incertitude financière. Fondateur d’une start-up spécialisée dans les boissons diététiques, il risque de ne plus pouvoir payer son loyer, car son visa “Business Manager” n’a toujours pas été renouvelé. « C’est un cauchemar », confie-t-il à Bloomberg. « Je ne peux rien faire, sinon prier pour qu’ils renouvellent mon visa. »
Bien que le gouvernement japonais affiche une volonté d’attirer des entrepreneurs et des professionnels étrangers à travers des visas spécifiques, la réalité est souvent différente. Les règles strictes concernant le renouvellement des visas, ainsi qu’un système bancaire et un marché immobilier peu accueillants pour les résidents temporaires, constituent des obstacles majeurs à la création d’entreprises durables.
Amarsanaa Tsembel, un entrepreneur mongol, souligne que malgré le succès de son entreprise, il est confronté à des limitations financières en raison de son visa d’un an. » En raison de l’incertitude de leur situation, sa femme et ses deux filles ont choisi de retourner en Mongolie.
Au Japon, l’ouverture d’un compte bancaire ou la location d’un bureau requiert souvent un garant japonais, illustrant ainsi les nombreuses frustrations rencontrées par les entrepreneurs étrangers. Le pays, qui accuse un retard d’innovation, a pourtant besoin de ces talents. En 2022, l’ancien Premier ministre Fumio Kishida avait annoncé un plan visant à créer 100 000 start-up et 100 licornes d’ici 2027. Actuellement, seulement 10 000 start-up ont été créées, avec une poignée de licornes.
Jordan Fisher, spécialiste du capital-risque, évoque une aversion au risque caractéristique de la société japonaise. Farid Ben Amor, entrepreneur à Kyoto, note un décalage entre la politique d’accueil du gouvernement et la rigidité du système d’immigration. « Tout le monde est très gentil et se confond en excuses. Mais les procédures ne sont pas adaptées pour faire prospérer des start-up », conclut-il.
Source : Bloomberg.