Didier Raoult : 758 publications épinglées, l'IHU de Marseille de nouveau dans la tourmente – L'Express

Didier Raoult : 758 publications épinglées, l’IHU de Marseille de nouveau dans la tourmente

Une analyse récente d’une équipe internationale de scientifiques a examiné 2 674 articles publiés entre 1994 et 2024 par l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille (IHU), cofondé par Didier Raoult. Sur ce total, 853 publications soulèvent des « préoccupations éthiques et juridiques substantielles », selon une étude publiée dans la revue Research Integrity and Peer Review. Didier Raoult est coauteur de 758 de ces articles controversés.

Les problèmes identifiés sont variés : 343 articles manquent d’approbation éthique, d’autres ont obtenu des autorisations rétroactivement après le début des études, et au moins 78 publications semblent enfreindre la législation française en matière de protection des sujets humains. Ces anomalies ont déjà entraîné le retrait de 64 articles et une « expression de préoccupation » a été émise pour 270 autres, indiquant des doutes importants sur la rigueur scientifique de ces travaux.

Une influence jusqu’à la Maison-Blanche

Didier Raoult a gagné une notoriété internationale en mars 2020, lorsque son équipe a publié une étude affirmant que l’hydroxychloroquine, un médicament antipaludéen, était efficace contre le Covid-19, surtout en association avec l’azithromycine. Cette étude, rétractée pour des raisons éthiques et scientifiques en 2025, est devenue l’une des plus citées de la pandémie, malgré l’absence de preuves de son efficacité.

À l’époque, Donald Trump avait qualifié ces recherches de « révolutionnaires », tandis que le Dr Anthony Fauci, conseiller pour la santé publique de la Maison-Blanche, avait mis en garde contre des preuves « anecdotiques ». Le Dr Mehmet Oz, alors en contact avec l’administration Trump, avait également salué ces travaux, les qualifiant de « solution potentielle à la pandémie ».

Lonni Besançon, chercheur à l’Université de Linköping en Suède et coauteur de l’analyse, a souligné que l’article rétracté a eu des conséquences graves, alimentant l’idée d’un « remède » et provoquant des pénuries d’hydroxychloroquine. Il a également noté que ces erreurs ont détourné l’attention des scientifiques d’autres traitements prometteurs.

Enfin, l’IHU a été critiqué pour avoir « gaspillé » des millions d’euros de fonds de recherche et pour avoir formé des étudiants dans des conditions inappropriées. Dans un communiqué, l’université a affirmé avoir pris toutes les mes nécessaires depuis 2020 et a réaffirmé que « l’éthique et l’intégrité de la recherche sont des piliers fondamentaux » de sa politique scientifique.

(Source : L’Express)

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