Didier Raoult et l’IHU de Marseille confrontés à des accusations de manquements éthiques
Didier Raoult, ancien directeur de l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses (IHU) de Marseille, fait l’objet d’une enquête menée par une équipe internationale de neuf scientifiques. Cette enquête, publiée le 12 août dans la revue Research Integrity and Peer Review, met en lumière des problèmes « éthiques et juridiques » dans les publications de Raoult et de son équipe, couvrant la période de 1994 à 2024.
Sur un total de 2 674 publications, 853 présentent des écarts significatifs. Parmi ces manquements, on note l’absence d’autorisations légales requises pour la recherche. En effet, 343 études ne mentionnent pas d’approbations locales, 194 font état de recherches menées à l’étranger sans les autorisations nécessaires, et 426 impliquent des prélèvements d’échantillons sur des volontaires sains sans justification adéquate. Ces irrégularités remontent à une période antérieure à la création de l’IHU en 2011.
Fabrice Franck, informaticien et signataire de l’analyse, a déclaré que l’IHU a fourni des justifications pour une vingtaine d’études, jugées légitimes. Cependant, il a souligné que le nombre d’études problématiques identifiées est « monstrueusement énorme », notant des incohérences entre les échantillons annoncés et ceux réellement utilisés.
Les pratiques de l’IHU ont également été critiquées pour avoir conduit à un « gaspillage » de millions d’euros de fonds de recherche. Lonni Besançon, chercheur à l’Université de Linköping, a mis en cause les conditions d’enseignement au sein de l’établissement.
Pierre-Edouard Fournier, successeur de Raoult à la direction de l’IHU depuis 2022, a affirmé qu’aucun manquement en matière d’intégrité scientifique ou d’éthique n’a été relevé depuis les dernières recommandations des organismes publics d’expertise.
Source : 20 Minutes, Le Parisien, L’Express, Le Monde


