Développement d’un robot autonome par une entreprise technologique avec approche full stack

Après la présentation du robot humanoïde Eno, Genesis AI dévoile sa stratégie full stack

Théophile Gervet, cofondateur et président de Genesis AI, a récemment présenté Eno, le premier robot humanoïde de la startup franco-américaine. Lors d’une interview, il a détaillé la stratégie de l’entreprise, son approche full stack et les défis à relever avant un déploiement à grande échelle.

Gervet a souligné que l’un des principaux défis en robotique est la manipulation, c’est-à-dire la capacité d’interagir avec l’environnement. Selon lui, pour construire un modèle généraliste, il est crucial d’entraîner le robot sur une base de données vaste et diversifiée, équivalente à celle utilisée pour les modèles de langage sur Internet. Il a précisé que les robots doivent avoir des bras et des mains similaires à ceux des humains pour une meilleure interaction.

Eno ne vise pas à reproduire fidèlement l’apparence humaine. Gervet a expliqué que le robot n’a pas besoin d’une tête ou d’un cerveau biologique, et qu’il a été conçu pour être une « force tranquille », se retirant lorsqu’il n’est pas utilisé. La décision d’utiliser une base roulante plutôt que des jambes a été motivée par des considérations de sécurité et d’autonomie, favorisées par des retours d’industriels.

Genesis AI, qui s’est initialement fait connaître grâce à ses mains robotiques, a conçu des mains imitant la forme humaine pour faciliter la collecte de données. Cela permet d’exploiter directement les gestes humains, essentiels pour entraîner le modèle.

L’entreprise adopte une approche hybride pour entraîner son IA, combinant les paradigmes des modèles de langage visuel et des World Models. Gervet a précisé que le modèle multimodal qu’ils développent intègre vidéo, langage naturel et informations tactiles.

Pour enrichir sa base de données, Genesis AI a mis au point un gant de collecte permettant d’enregistrer la position des doigts et les informations tactiles lors de tâches réalisées par des humains. Cette approche vise à passer à une échelle de données de manipulation humaine bien plus large.

L’entreprise a choisi une approche full stack pour répondre aux exigences de ses clients, qui recherchent des solutions intégrées alliant logiciel, IA et matériel. Cette stratégie est également soutenue par un simulateur physique qui permet d’évaluer de nombreux scénarios en peu de temps.

Genesis AI se concentre actuellement sur des applications industrielles, notamment dans les usines et les laboratoires pharmaceutiques, où la valeur ajoutée des robots est plus significative. Gervet a mentionné un partenariat avec LG, soulignant l’importance de la diversité des tâches pour tester la capacité de généralisation du modèle.

Pour 2023, l’entreprise prévoit de déployer plusieurs dizaines de robots, avec une augmentation prévue à plusieurs milliers d’unités d’ici 2028. L’assemblage des robots pour les clients européens se fera en Europe, tandis que pour les clients américains, ce sera aux États-Unis.

Être implanté en Europe est un atout pour Genesis AI, grâce à la présence d’ingénieurs de haut niveau et d’un tissu industriel propice. Gervet a également noté que le développement de la robotique pourrait jouer un rôle clé dans la réindustrialisation du continent.

Enfin, la complémentarité entre les écosystèmes américain et européen est soulignée, San Francisco étant le centre mondial de l’intelligence artificielle et attirant des investisseurs ambitieux.

Source : Journal du Net

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