Paris. Au moins deux suicides : que se passe-t-il au sein des services du Premier ministre ?

Au sein des services du Premier ministre, une onde de choc après deux suicides

Selon une enquête de France Inter, publiée ce lundi, les services du Premier ministre (SPM) sont actuellement secoués par une série de tragédies. Trois enquêtes internes ont été ouvertes et une enquête judiciaire est en cours suite au suicide de deux agents et à plusieurs tentatives de suicide, dont une sur le lieu de travail.

Les SPM, bien qu’ils ne soient pas un ministère à proprement parler, jouent un rôle central et interministériel en assistant le Premier ministre dans l’élaboration de la politique gouvernementale. Ils regroupent une cinquantaine de services aux statuts variés, allant des secrétariats généraux aux autorités administratives indépendantes.

« Tous ces signaux ne sont jamais entendus »

Des signalements pour harcèlement moral ont été adressés à la justice. Une agente des SPM, affectée au service de la Correspondance du Premier ministre depuis 2022, a tenté de se suicider en se jetant devant un train en avril. Elle a été sauvée par des passants. Malgré un audit interne confirmant ses allégations de harcèlement, aucune me de protection n’a été mise en place.

Son avocate, Christelle Mazza, a déclaré à France Inter : « Elle s’est retrouvée dans une situation typique des administrations : rien ne s’est passé alors que tout cela était bien connu. Tous ces signaux ne sont jamais entendus, et ils éclatent au grand jour avec des atteintes à l’intégrité physique des gens. »

Une succession de tentatives de suicide en deux ans

D’autres cas similaires ont été rapportés. En octobre 2025, une agente de la Direction de l’information légale et administrative a tenté de se suicider sur son lieu de travail. En mars 2026, un chargé de projet du Secrétariat général pour l’investissement s’est suicidé chez lui, en télétravail. Toujours en mars 2026, un agent du Secrétariat général du gouvernement s’est jeté sous un train dans le Val-d’Oise.

Ces tragédies peuvent être attribuées à une instabilité managériale, exacerbée par la succession de nouveaux gouvernements — quatre en deux ans depuis la dissolution de juin 2024 — ainsi qu’à des changements organisationnels et des évolutions structurelles visant à réduire les coûts. Cela contribue à créer un climat de travail tendu et potentiellement explosif.

En 2025, 66 saisines du dispositif Vigisouffrance ont été enregistrées, en hausse par rapport aux 44 saisines de 2024, selon France Inter.

Source : France Inter

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