« Mon père a fait sa petite tambouille » : deux Marseillais produisent le natto, superaliment japonais inconnu en France depuis 20 ans
À Marseille, au pied de la Bonne-Mère, est produit un « superaliment » quasi inconnu en France : le natto. Ce condiment à base de graine de soja est reconnu pour ses nombreux bienfaits, notamment pour la santé des os. Cependant, sa fabrication nécessite une patience considérable.
Deux Marseillais, Bruno Villatte et son associé, ont décidé de relancer la production de natto, un aliment quasiment absent sur le marché français. L’histoire de leur entreprise, Natto du Dragon, remonte à 20 ans, lorsqu’elle a été initiée par le père de Bruno. Ce dernier a commencé à expérimenter dans sa cuisine, cherchant à maîtriser le processus de fermentation. « Mon père a fait sa petite tambouille et peu à peu, il a trouvé la bonne fermentation. Là, il s’est dit pourquoi ne pas essayer de la commercialiser ? De fil en aiguille, ça a supplanté son activité principale », explique Bruno.
Aujourd’hui, les deux entrepreneurs continuent cette aventure, déterminés à occuper un créneau encore inexploré en France : « On est les seuls en France à le faire », souligne Bruno.
Le natto est classé comme un superaliment, riche en protéines végétales et pouvant servir d’alternative à la viande. Les graines de soja utilisées proviennent d’Oraison, et le processus de fabrication implique un rinçage, un lavage, suivi d’une cuisson de plusieurs heures dans une vieille marmite. L’étape cruciale de la fermentation se fait grâce à la bactérie Bacillus subtilis natto, dans un environnement contrôlé.
Bruno Villatte précise que « la fermentation a apporté tous les bénéfices nutritionnels du soja », notamment une forte teneur en vitamine K2, bénéfique pour les os, ainsi qu’en nattokinase, qui favorise la circulation sanguine. Le natto, avec son aspect gluant et son goût prononcé, se consomme généralement dans des recettes variées, souvent accompagné de riz ou d’avocats. Pour une barquette de 150 grammes, le prix est fixé à cinq euros.
Les deux Marseillais espèrent ainsi populariser ce superaliment et sensibiliser le public français à ses nombreux bienfaits.
Un article rédigé à partir du reportage de Nicolas Chaix-Bryan et Malik Karouche.
