Détroit d’Ormuz : La guerre est dans nos champs
La fermeture du détroit d’Ormuz, en date du 28 février 2026, ne menace pas uniquement le transport de pétrole, mais également la sécurité alimentaire mondiale. Cette situation met en lumière la dépendance de l’agriculture industrielle française vis-à-vis des engrais azotés de synthèse, produits à 6 000 km de distance, à partir de gaz fossile.
Contexte factuel
Depuis l’introduction de la révolution verte en France en 1947, l’agriculture a subi une transformation radicale. Promettant des rendements élevés et une modernité accrue, cette évolution a conduit à une dépendance croissante aux intrants chimiques, notamment les engrais azotés. Le procédé Haber-Bosch, utilisé pour produire 99 % de l’azote de synthèse mondial, a renforcé cette dépendance.
La fermeture du détroit d’Ormuz a entraîné une chute de 97 % du trafic maritime dans la région, impactant directement les prix des engrais, qui ont augmenté de 30 %. Selon la FAO, cette crise pourrait plonger 45 millions de personnes supplémentaires dans l’insécurité alimentaire, déjà affectant 2,3 milliards d’individus.
Données ou statistiques
- 99 % de l’azote de synthèse mondial est produit par le procédé Haber-Bosch.
- 43 % des exportations mondiales d’urée proviennent du Golfe persique.
- 1/3 du commerce mondial d’engrais transite par le détroit d’Ormuz.
- +30 % : augmentation des prix des engrais depuis le début du conflit en février 2026.
- 60 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux engrais surviennent après leur application au champ.
- 70 % de la population mondiale est nourrie par des petits paysans, et non par l’agro-business mondialisé.
Conséquence directe
Cette crise révèle la vulnérabilité des systèmes agroalimentaires face aux conflits géopolitiques, soulignant l’urgence d’une réévaluation des pratiques agricoles et d’une transition vers des méthodes plus durables et autonomes.
Source : Rémi Hémeryck et al., « Comment la crise d’Ormuz menace nos assiettes », The Conversation, 2026.



