Détention de Joseph Figueira en Centrafrique: «À Bria, j'ai vraiment cru que je n'allais pas survivre» - Le grand invité Afrique

Détention de Joseph Figueira en Centrafrique : « À Bria, j’ai vraiment cru que je n’allais pas survivre »

Joseph Figueira, un chercheur belgo-portugais, a été arrêté il y a deux ans par des mercenaires russes du groupe Wagner à Zemio, dans le sud-est de la République centrafricaine. Il a été libéré le 7 avril dernier pour des raisons humanitaires. Son arrestation soulève des questions sur les motivations derrière cette détention : était-il une cible choisie pour des raisons politiques ou simplement un cas isolé ?

Le 26 mai 2024, alors qu’il effectuait une mission pour l’ONG américaine FHI 360, Figueira a été appréhendé par trois membres du groupe Wagner et un gendarme centrafricain. Il a été forcé de les suivre jusqu’à un aérodrome, puis transféré à Bria, un site connu pour ses violations des droits humains. Là, il a subi des violences physiques, y compris des menaces de mort.

Figueira a rapporté avoir cru à plusieurs reprises qu’il allait mourir, notamment lorsqu’il a été mis en joue. Il a également entendu d’autres personnes crier à l’aide, témoignant de la brutalité des conditions de détention. Ses deux téléphones ont été confisqués, et il a rapidement compris qu’il était ciblé en raison de son implication avec des ONG et des projets soutenus par l’Usaid.

Durant ses deux années de détention, il a été soumis à des pressions et à des sévices, ce qui a culminé en novembre dernier avec une condamnation à dix ans de travaux forcés. Figueira estime que le groupe Wagner cherchait à diaboliser les ONG et les médias occidentaux, qui documentent leurs exactions.

Sa libération a été facilitée par des efforts diplomatiques du Portugal et de la Belgique, ainsi que par des rapports d’ONG et des organismes internationaux sur la détention arbitraire. Figueira a exprimé sa gratitude envers ses pays, sa famille et les médias qui ont couvert son histoire.

Aujourd’hui, il se reconstruit en famille au Portugal, tout en réfléchissant aux conditions inhumaines qu’il a vécues dans le camp de Roux à Bangui.

Source : RFI

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