Détection exceptionnelle d’une atmosphère dans la zone habitable d’une étoile à seulement 49 années-lumière
Une atmosphère, ce fragile manteau de gaz entourant une planète, a été récemment identifiée autour d’un monde rocheux situé à seulement 49 années-lumière de la Terre. Cette découverte pourrait constituer une des meilleures preuves à ce jour qu’une planète rocheuse dans la zone habitable de son étoile est capable de conserver une atmosphère, relançant ainsi la question de la vie ailleurs dans l’univers.
Une super-Terre pas comme les autres
L’exoplanète en question, nommée LHS 1140 b, fait partie de la catégorie des super-Terres, des mondes rocheux plus massifs que notre planète. Son rayon est 1,73 fois celui de la Terre, avec une masse atteignant 5,6 fois celle de notre planète. Malgré sa taille imposante, LHS 1140 b est fondamentalement rocheuse, se distinguant des géantes gazeuses comme Jupiter.
Cette planète orbite autour de son étoile en seulement 24,7 jours, soit une période plus courte qu’un mois terrestre. Bien que sa proximité à son étoile pourrait laisser supposer des températures extrêmes, celle-ci est une naine rouge, moins brillante et moins chaude que notre Soleil. Cela permet à LHS 1140 b de se situer dans la zone habitable, où les conditions pourraient théoriquement permettre à de l’eau liquide d’exister.
De l’hélium qui s’échappe : la signature d’une atmosphère
La détection d’une atmosphère sur un objet aussi éloigné a été réalisée grâce à un signal révélateur : une fuite d’hélium s’échappant de la haute atmosphère de la planète. Cette observation représente la meilleure preuve à ce jour qu’une planète rocheuse en zone habitable peut retenir une atmosphère.
L’émission d’hélium a été détectée en 2024, mais a disparu en 2025, ce qui indique que l’atmosphère de la planète évolue. Ce phénomène pourrait être causé par les rayons X et les ultraviolets extrêmes émis par l’étoile, qui chauffent et arrachent les couches supérieures de gaz. La détection a été effectuée grâce au télescope Magellan Clay de l’observatoire Las Campanas, après des indices préliminaires obtenus par le télescope spatial James Webb.
Naines rouges : des étoiles capricieuses
Les naines rouges, qui sont les étoiles les plus communes de notre galaxie, représentent de bonnes candidates pour héberger des planètes habitables. Cependant, leur nature volatile soulève des questions sur la possibilité de vie sur les planètes qui les orbite, en raison des radiations intenses qu’elles émettent.
La capacité de LHS 1140 b à conserver une atmosphère, malgré ces défis, est encourageante. Cependant, de nombreux mystères subsistent, notamment la composition de son atmosphère, la nature de sa surface, et la présence éventuelle d’eau liquide.
Ce que les télescopes géants promettent de révéler bientôt
Cette découverte souligne l’importance de l’astronomie au sol, même à l’ère des télescopes spatiaux. Des observations de suivi sur l’hélium sont prévues pour mieux comprendre cette variabilité. Dans les années à venir, des télescopes de nouvelle génération, tels que l’Extremely Large Telescope et le Giant Magellan Telescope, pourraient permettre d’imager directement des exoplanètes, transformant ainsi notre compréhension de ces mondes lointains.
Avec LHS 1140 b, nous avons un candidat prometteur pour étudier la possibilité que des planètes rocheuses autour des naines rouges puissent abriter des atmosphères durables, et potentiellement la vie. Chaque détection rapproche l’humanité d’une réponse à la question millénaire de notre solitude dans l’univers.
Source : SciencePost


