Vrai ou Faux : La France submergée par l’hantavirus ?
Newsguard, une entreprise spécialisée dans la lutte contre la désinformation, a détecté une tentative d’ingérence étrangère prorusse qui instrumentalise la flambée de l’hantavirus sur un bateau de croisière.
La flambée d’hantavirus sur le navire de croisière MV Hondius, survenue début mai, a ravivé les inquiétudes d’une population déjà marquée par la pandémie de Covid-19. Cette situation a également suscité une vague de désinformation, alimentée par des influenceurs et théoriciens du complot, ainsi que par des désinformateurs prorusses.
Les 13 et 14 mai, plusieurs reportages de médias tels que France 24, Le Monde, Libération, Le Parisien, CNN et BBC ont été diffusés sur les réseaux sociaux par des comptes, dont certains ont depuis été suspendus. Newsguard a mis en lumière cette campagne de désinformation.
Un reportage de France 24 a mélangé une vidéo authentique d’Emmanuel Macron, lors d’un déplacement au Kenya, avec des allégations selon lesquelles la France serait « succombant aux assauts de l’hantavirus » et aurait des cas dans une « soixantaine de villes ». Cette affirmation est fausse, car selon le ministère de la Santé, un seul cas d’hantavirus a été détecté en France, et la personne concernée est hospitalisée en état grave. Les cas contacts ont tous été testés négatifs.
Des faux reportages affirment également que plus de 200 cas positifs ont été recensés en France, qu’un tiers des maternités a été réquisitionné pour s’occuper des patients, et que les autorités françaises rencontreraient des difficultés à traquer et détecter les nouveaux cas. Les médias concernés ont confirmé à Newsguard que ces informations étaient fausses.
Cette ingérence étrangère s’inscrit dans le cadre d’une campagne de désinformation surnommée « Matriochka », qui vise à saturer les journalistes fact-checkeurs en diffusant de faux reportages sous l’apparence de médias français. L’objectif est de déstabiliser la confiance des Français envers leurs autorités et le gouvernement, particulièrement dans le contexte de leur soutien à l’Ukraine depuis l’invasion de ce pays par la Russie en février 2022.
Cette campagne de désinformation survient alors que les renseignements ukrainiens craignent de nouvelles tentatives de déstabilisation informationnelle, ciblant l’Ukraine et ses soutiens.
Source : Franceinfo.