Célia Viale : Une designer textile en quête de renaissance après l’attentat du 14 juillet 2016
Depuis 10 ans, Célia Viale, jeune designer textile, explore les thèmes du deuil et de la renaissance à travers ses créations. Elle a perdu sa mère, Marie-Pierre, lors de l’attentat sur la Promenade des Anglais à Nice, le 14 juillet 2016.
À l’époque, Célia n’avait que 22 ans et poursuivait des études à l’Académie des Beaux-Arts de Tournai, en Belgique. Après ce drame, retourner à l’école lui paraît insurmontable. Elle choisit alors de se replonger dans son art, en utilisant un métier à tisser, avec 1 632 fils enfilés un par un. En 2017, elle réalise sa première œuvre post-attentat, intitulée « Exuvie », évoquant la dépouille abandonnée par certains insectes après leur mue.
Célia décrit son processus créatif comme une forme de méditation, où le travail répétitif lui permet de prendre du recul et de constater ses progrès. Ses œuvres reflètent un éloge de la lenteur, un temps nécessaire pour se reconstruire.
En 2018, elle décide d’élever des vers à soie, un geste qui la relie à sa mère, qui lui avait appris à s’en occuper durant son enfance. Célia choisit de s’opposer à l’industrie textile traditionnelle, en prenant soin de ces vers et en les accompagnant jusqu’à leur mort, contrairement aux pratiques de production en masse.
Son travail a attiré l’attention de Céline Duguet, galeriste à Paris, qui expose ses œuvres. Chaque ver à soie est accompagné d’une histoire, humanisant ainsi ces créatures. Célia cherche à transcender son traumatisme à travers l’art, en rendant hommage à son défunt comme un individu.
En 2019, elle réalise une performance de 29 heures, se crochetant dans un cocon géant, une métaphore de sa lutte contre la vulnérabilité. Aujourd’hui, dix ans après l’attentat, Célia réfléchit à sa capacité à sortir de son cocon protecteur, tout en espérant que ses œuvres puissent voyager et toucher d’autres personnes.
Source : France 3 Côte d’Azur
