Des virus mangeurs de bactéries pour lutter contre l'antibiorésistance – franceinfo

Les Hospices civils de Lyon ont reçu l’autorisation de produire des phages thérapeutiques, dont l’action permet de détruire de l’intérieur des bactéries résistantes aux antibiotiques.

le 19/06/2026 11:31

Le staphylocoque doré, une bactérie de plus en plus souvent résistante aux antibiotiques (photo du 31 octobre 2020). (BSIP / Universal Images Group Editorial)
Le staphylocoque doré, une bactérie de plus en plus souvent résistante aux antibiotiques (photo du 31 octobre 2020). (BSIP / Universal Images Group Editorial)

L’antibiorésistance a augmenté de 40 % entre 2018 et 2023. Dans ce contexte, le développement d’alternatives thérapeutiques devient crucial. Le 28 mai, les Hospices civils de Lyon ont reçu l’autorisation de l’Agence de sécurité du médicament pour produire des phages thérapeutiques, une première mondiale pour un établissement public. Le professeur Frédéric Laurent, responsable du laboratoire des phages thérapeutiques, souligne l’importance de cette avancée : « Les impasses thérapeutiques sont notre quotidien. L’OMS parle d’un ‘tsunami lent’ et d’un ‘tsunami silencieux’, indique-t-il. Si aucune me n’est prise, près de 10 millions de décès dus à la résistance aux antibiotiques sont à prévoir d’ici 2050, ce qui en ferait une cause de mortalité plus élevée que le VIH ou les cancers. »

Les phages, agissant comme des virus-médicaments, se lient aux bactéries résistantes pour les détruire. « Le phage s’attache à la bactérie, lui injecte son génome, et la bactérie, qui normalement produit ses propres éléments, cesse cette activité, » précise le professeur Laurent. « Elle commence alors à produire des virus, qui sécrètent une enzyme altérant la paroi bactérienne. En fin de compte, un phage peut libérer entre 100 et 300 nouveaux phages. »

Avec cette autorisation, les Hospices civils de Lyon vont pouvoir produire les quatre phages thérapeutiques qu’ils maîtrisent et réaliser des essais cliniques pour d’autres. Cela représente une lueur d’espoir pour des solutions de traitement à coût maîtrisé, avec une chaîne de production maintenue en France et dans un cadre public.

— Source : Franceinfo

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