On pensait Mars condamnée au désert glacé depuis toujours : des vagues s'écrasaient jadis sur ses plages de sable comme sur Terre

Mars : des plages anciennes révélées par le rover Zhurong

Mars, la planète rouge, n’a pas toujours été le désert froid et aride que nous connaissons aujourd’hui. Des chercheurs ont découvert, grâce au radar à pénétration de sol du rover chinois Zhurong, des traces d’un ancien paysage côtier où des vagues s’écrasaient sur des plages de sable. Cette étude fournit des preuves solides que Mars possédait autrefois un vaste océan dans son hémisphère nord.

Un passé aquatique

Actuellement, l’atmosphère de Mars est si mince qu’il est peu probable qu’elle puisse maintenir de l’eau liquide à sa surface. Cependant, des études suggèrent qu’elle avait autrefois une atmosphère suffisamment dense pour permettre la présence d’eau. Bien que des images orbitales aient laissé entrevoir des rivages potentiels, leur interprétation a souvent été controversée. Des formations initialement considérées comme des côtes ont été réinterprétées comme des coulées de lave ou des processus éoliens.

Exploration par le rover Zhurong

Le rover Zhurong, qui a atterri sur Mars le 15 mai 2021, a parcouru 1 921 kilomètres avant de se mettre en hibernation en mai 2022. Il a utilisé son radar Rover Penetrating Radar (RoPeR) pour examiner les structures rocheuses et les dépôts sédimentaires enfouis jusqu’à 100 mètres de profondeur. Cette technologie a permis d’identifier des formations géologiques qui suggèrent la présence d’anciennes plages.

Découvertes et implications

Les chercheurs ont identifié 76 réflecteurs souterrains inclinés, indiquant des motifs stratifiés distincts. Ces structures ne ressemblent ni à des dunes de sable ni à des coulées de lave, mais plutôt à des formations côtières. En comparant ces données avec celles de zones côtières sur Terre, l’équipe a constaté des similitudes frappantes, notamment des couches de matériaux inclinées vers un ancien rivage.

Ces découvertes pourraient indiquer que Mars a connu un climat plus chaud et humide, propice à la vie microbienne. L’étude soulève également des questions sur le devenir de cet océan martien : s’est-il évaporé avec l’amincissement de l’atmosphère, ou une partie de cette eau demeure-t-elle sous la surface ?

Cette recherche, publiée dans les Proceedings of the National Academy of Sciences, ouvre de nouvelles perspectives sur l’histoire géologique de Mars et la possibilité d’une vie passée.

Source : SciencePost.fr

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