« On devait cacher nos tatouages avec du fond de teint » : les pires jobs d’été vécus par des Toulousains
Chaque été, des milliers de jeunes Toulousains occupent des petits boulots pour financer leurs études ou leurs loisirs. Si certains gardent de bons souvenirs, d’autres évoquent des expériences amères, marquées par des conditions de travail difficiles et des comportements inappropriés de la part des employeurs.
« Il pouvait regarder les clientes dans les cabines »
En 2008, Maïté, aujourd’hui enseignante de 40 ans, a travaillé dans une boutique de vêtements à Toulouse, désormais fermée. Elle raconte que son patron la surveillait par le biais d’une caméra installée dans le magasin. « Il pouvait regarder les clientes qui se changeaient aussi dans la zone des cabines », explique-t-elle. Sous cette pression, elle a veillé à ce que les clientes ne se retrouvent pas dans l’axe de la caméra. Faute d’alternative pour financer ses études, elle est restée deux mois dans cette situation.
Démarchage téléphonique : injures et insultes
Floriane, 31 ans, a également eu une expérience difficile. Originaire de Lyon, elle a travaillé dans un centre d’appels à Toulouse, où elle devait se faire passer pour une conseillère bancaire. « Tous les gens te raccrochaient au nez », résume-t-elle, ajoutant que les injures pleuvaient au bout du fil pendant deux mois.
Discriminations sur l’apparence physique ?
Garris, 22 ans, a décroché un poste d’accueil dans un lieu touristique prisé. Cependant, une nouvelle politique d’image a été imposée, lui demandant de cacher ses tatouages et de porter des manches longues. « On m’a demandé de porter du fond de teint pour cacher mes tatouages, d’enlever mes boucles d’oreilles », témoigne-t-il. Bien que la discrimination sur l’apparence physique soit interdite en France, le Code du travail permet aux entreprises d’imposer des règles vestimentaires justifiant leur image de marque.
Conditions de travail éprouvantes
Ilyes, un jeune barber toulousain, garde un souvenir amer d’une expérience de travail dans la castration de maïs près de Pompertuzat. Il a travaillé de 8 heures à 18 heures avec une seule heure de pause pour un salaire d’environ 300 € les cinq jours. « Au moins, j’étais avec mes potes », confie-t-il.
Son amie DJ a également connu des conditions difficiles, enchaînant les costumes de mascotte, notamment pour une marque de fromage à tartiner. « C’était vraiment horrible », se souvient-elle, en riant, tout en précisant qu’elle était payée au SMIC sous une chaleur étouffante.
Ces témoignages mettent en lumière les défis rencontrés par les jeunes travailleurs, illustrant la nécessité d’une régulation plus stricte des conditions de travail dans le secteur des emplois saisonniers.
Source : La Dépêche du Midi



