Des sphères de verre s’enfoncent sous le lac Baïkal, accessibles uniquement en hiver.

Sous 1 100 m d'eau du lac Baïkal s'enfoncent depuis 2015 des sphères de verre que seul l'hiver permet d'installer

Sous 1 100 m d’eau, le lac Baïkal abrite un télescope à neutrinos innovant

Depuis 2015, les chercheurs russes exploitent la banquise du lac Baïkal pour installer des sphères de verre à plus de 1 000 mètres de profondeur. Ce projet, connu sous le nom de Baikal-GVD, vise à détecter les neutrinos, des particules subatomiques extrêmement difficiles à observer.

Chaque hiver, entre février et avril, la surface du lac se transforme en une plateforme de glace suffisamment épaisse pour permettre le transport de matériel scientifique. Cette période est cruciale pour les scientifiques, car toute intervention en dehors de cette fenêtre devient impossible. Le réseau de détecteurs s’est progressivement agrandi, avec le premier ensemble de capteurs, nommé Dubna, déployé en 2016. Aujourd’hui, après la campagne de 2025, Baikal-GVD compte 14 clusters, 117 câbles et 4 212 modules optiques, représentant un volume détecté d’environ 0,7 kilomètre cube.

Les modules optiques, qui sont des sphères de verre, contiennent des détecteurs de lumière capables de repérer la lumière de Tcherenkov, émise lors de l’interaction d’un neutrino avec la matière. Ces particules, surnommées « particules fantômes », traversent la Terre sans rencontrer d’obstacle. Les sphères sont disposées le long de câbles verticaux, immergés entre 750 et 1 275 mètres de profondeur, permettant ainsi de reconstituer la trajectoire et l’énergie des neutrinos.

Le télescope à neutrinos, considéré comme le plus grand de l’hémisphère Nord, a été officiellement lancé en mars 2021. Son volume de détection équivaut à des centaines de stades de football empilés sous l’eau. L’objectif est d’atteindre un kilomètre cube de volume détecté, ce qui placerait Baikal-GVD au même niveau que des observatoires de renommée mondiale, comme IceCube en Antarctique.

Les résultats scientifiques commencent à émerger. Baikal-GVD a confirmé l’existence d’un flux diffus de neutrinos astrophysiques, apportant des preuves supplémentaires sur des sources galactiques et sur le blazar TXS 0506+056. Ce projet démontre comment une contrainte géographique peut être transformée en opportunité scientifique, rapprochant ainsi les chercheurs d’une meilleure compréhension des phénomènes extrêmes de l’Univers.

Source : SciencePost.fr

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