Et si une bombe nucléaire pouvait sauver la Terre ?
Une étude publiée dans Space: Science & Technology en août 2026 par des scientifiques chinois propose une stratégie de défense planétaire basée sur l’utilisation d’armes nucléaires pour détruire des astéroïdes menaçants. La NASA estime qu’environ 15 000 astéroïdes de plusieurs centaines de mètres pourraient passer non détectés, chacun capable de détruire une métropole entière.
Face à cette menace, les chercheurs envisagent une approche audacieuse : implanter une charge nucléaire directement à l’intérieur de l’astéroïde pour le pulvériser de l’intérieur.
Quand le scénario catastrophe devient calcul scientifique
Le principal défi lié aux astéroïdes n’est pas tant leur taille que le temps disponible avant un impact. Selon l’étude, la fenêtre d’alerte avant un potentiel impact pourrait être de quelques jours, parfois de quelques semaines, rendant impossible une évacuation planétaire ou la construction d’un vaisseau spatial.
Pour simuler cette menace, les chercheurs ont modélisé des astéroïdes se dirigeant vers la Terre à une vitesse d’environ 10 kilomètres par seconde. Les résultats révèlent que :
- Une charge de 300 kilotonnes suffirait à détruire un astéroïde de 50 mètres de diamètre.
- Une bombe de 3 mégatonnes serait nécessaire pour un bloc de 100 mètres.
À titre de comparaison, la bombe larguée sur Hiroshima en 1945 avait une puissance d’environ 15 kilotonnes. La méthode proposée consiste à placer la bombe à l’intérieur de l’astéroïde, permettant ainsi une fragmentation totale plutôt qu’une déviation incertaine.
Un plan séduisant, des obstacles concrets
Malgré son attrait théorique, cette stratégie présente des défis technologiques majeurs. Aucun engin spatial actuel n’est conçu pour forer la roche d’un astéroïde en mouvement tout en transportant une charge nucléaire sur des millions de kilomètres. La mission Dart de la NASA, qui a modifié la trajectoire de l’astéroïde Dimorphos en 2022, reste la référence actuelle, mais elle ne vise pas à détruire.
Un autre obstacle majeur est la détection précoce. Sans un réseau de surveillance amélioré, même la meilleure arme nucléaire ne sera d’aucune utilité si l’astéroïde est repéré trop tard pour une intervention.
Malgré ces défis, l’étude fournit des seuils de puissance précis selon la taille de l’objet menaçant, ouvrant la voie à un protocole standardisé de réponse planétaire. La prochaine étape consisterait à associer ces modèles à des programmes de détection précoce, comme le télescope spatial NEO Surveyor, dont le lancement est prévu par la NASA pour améliorer l’inventaire des objets géocroiseurs potentiellement dangereux.
Source : Space: Science & Technology

