Les robots humanoïdes bientôt à la guerre, affirme une société qui les teste en Ukraine
Avec l’avancée rapide de l’intelligence artificielle et des technologies robotiques, l’idée de robots humanoïdes armés ne semble plus relever uniquement de la science-fiction. L’entreprise américaine Foundation Future Industries, spécialisée dans la construction de tels robots pour des applications commerciales et militaires, a déjà effectué des tests de ses robots Phantom en Ukraine.
Le PDG de Foundation, Sankaet Pathak, a annoncé qu’il prévoyait de commencer à tester des scénarios d’armement pour ses robots « dès l’année prochaine », suite aux programmes pilotes en cours en Ukraine. Selon lui, la perception des robots humanoïdes comme des machines destructrices, à la manière des films comme Terminator, est une réaction psychologique. Il souligne que l’utilisation de ces humanoïdes ne viserait pas à semer le chaos, mais à offrir un niveau de précision inégalé par d’autres systèmes d’armement, comme les bombardements aériens.
Pathak précise que les humanoïdes pourraient jouer un rôle important dans des opérations militaires nécessitant une grande précision, minimisant ainsi les dommages collatéraux sur les infrastructures et la population civile. Il ne pense pas que ces robots remplaceront les drones, mais qu’ils pourraient combler un vide, surtout dans un contexte où le combat terrestre devient de plus en plus dangereux pour les soldats.
Actuellement, il n’existe pas de traité international régissant l’utilisation des robots humanoïdes ou autonomes sur le champ de bataille. Ces technologies doivent cependant respecter les principes du droit international humanitaire, qui stipule une distinction entre combattants et civils. Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a récemment exprimé ses préoccupations concernant les « systèmes d’armes autonomes létaux », les qualifiant de « robots tueurs » dans une publication sur LinkedIn.
Foundation Future Industries utilise une intelligence artificielle basée sur ses propres « modèles du monde », qui permettent aux robots de construire des représentations de leur environnement. Pathak note qu’il n’y a pas de raison de traiter les humanoïdes différemment des autres systèmes d’armement de précision, tels que les drones armés.
Les essais menés en Ukraine ont conduit l’entreprise à développer un nouveau modèle, le Phantom 2, qui sera conçu pour résister à des conditions extérieures difficiles. Ce modèle est étanche et sa capacité de charge a été augmentée, passant de 25-30 kilogrammes à près de 80 kilogrammes.
Foundation loue actuellement ses robots Phantom à des clients commerciaux pour environ 100 000 dollars (90 000 euros) par robot et par an, et les clients militaires achètent les robots à des tarifs similaires.
Source : Euronews
