Des actes sexuels commis sur l’espace public : les riverains de Marseille exigent une action immédiate
Dans une pétition qui a récolté près de 500 signatures, les riverains de la place Labadié, dans le 1ᵉʳ arrondissement de Marseille, se plaignent depuis des mois de nuisances liées au trafic de stupéfiants et à la prostitution. La situation s’est aggravée depuis la fermeture, en mai dernier, d’un centre d’accueil pour toxicomanes.
Près de 500 riverains de la place Labadié appellent à une « action publique immédiate et coordonnée face à la violence, à l’insalubrité et aux trafics de stupéfiants » dans une pétition transmise à la mairie centrale, à la mairie de secteur, ainsi qu’à la préfecture et à l’Agence régionale de santé. En mai dernier, le Sleep In, situé rue Marcel Sembat, a fermé pour cause de travaux. Ce centre d’accueil, doté d’une capacité de 30 places, proposait un hébergement d’urgence pour les usagers de drogue. Depuis, la situation s’est dégradée dans les rues des Héros, Saint-Bazile, Lafayette, Villeneuve, et le boulevard de la Liberté. Les riverains dénoncent des « phénomènes de prostitution et des actes sexuels commis sur l’espace public directement à la vue des enfants », ainsi que « le trafic et la consommation de stupéfiants à ciel ouvert ».
Sophie Camard, maire du 1ᵉʳ arrondissement, souligne que les problèmes de drogue et de prostitution existent depuis des décennies autour de la gare Saint-Charles, mais se sont intensifiés ces trois dernières années avec l’arrivée du crack. Un diagnostic établi dans le cadre du dispositif Tempo, lancé par Médecins du Monde et des associations de réduction des risques, révèle que « la consommation dans l’espace public connaît une accélération marquée sur les six derniers mois ». Selon Marianne Poisson, coordinatrice du dispositif, plusieurs centaines de personnes cumulant « grande précarité, absence d’hébergement, ruptures de droits et troubles psychiques » sont présentes dans le secteur.
Face aux « comportements intimidants » et aux « altercations répétées », les riverains réclament l’ouverture d’une halte soins addictions (HSA) « temporaire en bas des escaliers Saint-Charles » afin de déplacer « les scènes de consommation hors des zones résidentielles et scolaires ». Ils demandent également une « présence policière renforcée » et l’organisation rapide d’une réunion publique entre les autorités.
Sophie Camard déplore le manque de moyens pour endiguer la situation, notant qu’en 2023, seulement 10 000 euros par an sont alloués pour financer des maraudes. Elle exprime son exaspération face à l’absence de soutien de l’État pour un plan d’ampleur. En attendant, la police municipale as que des actions sont menées, notamment l’enlèvement des voitures ventouses et la présence de CRS à Labadié.
Source : AFP
