Santé mentale. Des professionnels adressent une lettre ouverte au gouvernement pour améliorer la prévention face au suicide

Lettre ouverte des professionnels de santé au gouvernement : un appel urgent à la prévention du suicide en France

Ce jeudi 8 juillet, des professionnels de santé, des chercheurs et des responsables associatifs ont adressé une lettre au gouvernement français. Ils demandent une mobilisation accrue des pouvoirs publics pour renforcer la prévention du suicide.

Les signataires de cette lettre soulignent que la situation en matière de santé mentale en France est alarmante. Chaque jour, une personne meurt par suicide toutes les heures, et environ 500 tentatives de suicide sont signalées quotidiennement. Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de 15 à 25 ans, et les tentatives de suicide chez les jeunes femmes ont plus que doublé au cours des cinq dernières années.

Avec environ 9 000 suicides par an, la France affiche l’un des taux les plus élevés d’Europe, selon une étude de Santé publique France publiée en 2019. Cette problématique s’est aggravée depuis la crise sanitaire liée au coronavirus.

Les signataires estiment que « l’État n’est plus au rendez-vous de la prévention », tout en reconnaissant certaines avancées, notamment l’établissement du numéro 3114, accessible gratuitement sur tout le territoire. Toutefois, ils craignent une « démobilisation du gouvernement » et un risque de « délitement des leviers de prévention », tout en appelant à des moyens « à la hauteur des enjeux ».

Rachel Bocher, cheffe du service de psychiatrie au CHU de Nantes et présidente de l’intersyndicat national des praticiens hospitaliers, partage ces préoccupations. Elle a exprimé sa déception face aux mes annoncées par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, le 2 juin dernier, jugées insuffisantes par les professionnels. « Il n’y a pas eu d’annonces financières, ni de plan construit, ni de mes pluriannuelles », a-t-elle déclaré.

Les critiques portent notamment sur la me du coupe-fil pour les jeunes, qui pourrait nuire à l’équité d’accès aux soins. Les signataires de la lettre appellent à une organisation coordonnée et graduée, avec un plan pluriannuel en matière de santé mentale.

Rachel Bocher insiste sur l’importance d’intervenir précocement, notamment en milieu scolaire, car 75 % des troubles apparaissent entre 15 et 25 ans, et seulement un quart des jeunes concernés accède à des soins. Elle plaide pour un changement de regard sur les troubles psychiatriques et un maillage territorial pluridisciplinaire, affirmant que « la prévention ne doit pas être l’apanage des seuls professionnels de santé ».

Enfin, elle souligne que la prévention ne suffit pas à elle seule. Une politique d’orientation et d’accessibilité à des dispositifs de soins retravaillés est également nécessaire.

Source : France Info, Santé publique France.

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