Des pommes de terre du Nord fournies aux éleveurs mayennais pour nourrir les vaches cet hiver.

Quand on peut s’entraider, on est tous là !

Face aux faibles rendements des maïs récoltés en 2026, les Jeunes agriculteurs de la Mayenne ont sollicité les producteurs de pommes de terre de la Somme pour enrichir le fourrage destiné à l’alimentation des vaches laitières. Une solidarité s’est alors mise en place, permettant de récupérer gratuitement 700 tonnes de pommes de terre, acheminées vers treize exploitations mayennaises.

Erwan Pineau, président des Jeunes agriculteurs de la Mayenne, avait tiré la sonnette d’alarme fin juin sur le risque de pénurie de maïs. « J’ai alerté la section au plan national sur le fait qu’on allait manquer de maïs pour enrichir les rations destinées aux vaches et qu’il fallait trouver des solutions rapidement à des coûts abordables », explique-t-il.

Quelques semaines plus tard, une solution a émergé : le recours aux pommes de terre. Des producteurs de la Somme, confrontés à une surproduction de leur stock de 2025, ont accepté de donner leurs tubercules. « J’ai appelé tous les producteurs un par un pour leur demander s’ils étaient prêts à mettre leurs pommes de terre gratuitement pour nous aider. et ceux qui pouvaient l’ont fait. Il n’y avait que le coût de transport à payer », ajoute Pineau.

L’organisation logistique a été mise en place avec les Jeunes agriculteurs nationaux. Début août, 23 semi-remorques ont effectué les trajets entre la Somme et la Mayenne pour acheminer environ 700 tonnes de pommes de terre. « Parfois, j’ai passé des heures au téléphone avec eux, pour parler de tout, notamment des difficultés que l’on rencontre. Qu’on soit de l’Ouest ou du Nord de la France, on est tous pareils, et quand on peut s’entraider, on est tous là ! », souligne Erwan Pineau.

La gestion des livraisons des pommes de terre en parallèle des ensilages a constitué un défi. « Le but, c’était de les mettre directement dans le silo, parce que si on les laissait à l’air libre, au bout de quinze jours, tout aurait été pourri », précise-t-il. La technique utilisée consiste à alterner les couches de maïs et de pommes de terre dans les silos pour garantir une bonne conservation.

Cette initiative a permis d’apporter de l’énergie à des maïs pauvres en grains, un enjeu crucial cette année, où les conditions climatiques ont affecté les récoltes. Le grain de maïs, riche en amidon, a ainsi été compensé par les pommes de terre, enrichissant les fourrages pour nourrir les bêtes cet hiver.

Cette action, qui a permis de valoriser des pommes de terre initialement destinées à la destruction, illustre la solidarité persistante entre agriculteurs. « C’est ça qui fait chaud au cœur », conclut Erwan Pineau, dont l’initiative a bénéficié à de nombreux éleveurs de la région et d’une partie de l’ouest de la France.

Source : France 3 Régions

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