Des poissons tropicaux de la Mer Rouge partent à la conquête de la Méditerranée
D’ici quelques années, la bouillabaisse marseillaise pourrait bien ressembler au film de Nemo. Des poissons tropicaux venus de la mer Rouge sont en train de coloniser la Méditerranée. Derrière cette invasion, un coupable inattendu, mais prévisible : le canal de Suez.
Publié le 11/08/2026
En géographie, on nous enseigne qu’il existe plusieurs océans : l’Atlantique, le Pacifique, l’Indien, le Glacial Arctique, notamment. Cependant, du point de vue des poissons, il n’y a qu’un seul océan. À l’exception des mers intérieures comme la Caspienne, toutes les eaux salées du globe sont interconnectées. Cela permet aux poissons de passer d’une mer à l’autre, bien que ceux nécessitant des eaux chaudes évitent généralement les zones froides.
L’ouverture du canal de Suez en 1859 a permis de relier la mer Rouge à la Méditerranée, facilitant ainsi le passage direct entre l’océan Atlantique et l’océan Indien via des eaux plus chaudes. Pendant 150 ans, cette connexion est restée relativement inexploitée, en raison d’un panache d’eau douce provenant du Nil qui empêchait les espèces marines de franchir le canal. Cependant, l’élargissement du canal en 2014, combiné à des sécheresses affectant le Nil, a permis aux poissons de s’engouffrer dans cette brèche.
En moins de dix ans, l’ouest de la Méditerranée a été envahi par des espèces de la mer Rouge. Aujourd’hui, en Grèce, les pêcheurs capturent plus d’espèces de poissons de la mer Rouge que d’espèces endémiques. Parmi celles-ci figurent des poissons-lapins, des rascasses volantes, des poissons-trompettes et des poissons-soldats. Cette migration est accentuée par le réchauffement climatique.
Cette invasion aquatique pourrait entraîner des bouleversements dans les écosystèmes méditerranéens et poser des risques pour les baigneurs, qui pourraient croiser des espèces venimeuses comme la rascasse volante. Ce poisson, qui a également envahi les Caraïbes, est souvent transporté clandestinement dans les ballasts des navires, entraînant des conséquences sur les écosystèmes locaux.
Les conséquences de cette invasion sont encore à évaluer, mais elles soulèvent des questions sur la gestion des écosystèmes marins et la sécurité des activités nautiques.
Source : Franceinfo



