C’est comme si la vie n’avait pas changé : des patients en rééducation découvrent le kayak dans le Var
Une dizaine de personnes en protocole de rééducation ont profité de deux semaines d’activités de plein air, et notamment de kayak, dans le Var. L’occasion de décompresser et de retrouver une activité qui leur faisait parfois peur, depuis le handicap.
Gilets de sauvetage sur les épaules, pagaies en main, ils sont une quinzaine à bord de leurs kayaks. Dix patients et cinq encadrants. « C’est formidable ! » s’exclame Magalie Zusatz, « c’est comme si la vie n’avait pas changé. »
Le point commun de ces kayakistes, le temps d’un séjour, est le handicap. « J’ai des patients avec des pathologies différentes, des personnes avec des membres inférieurs, supérieurs amputés, des problématiques au niveau du dos aussi, » détaille Frédéric Portier, président de l’association varoise Handi Rando Sud, spécialisée dans les activités de plein air pour les personnes à mobilité réduite. « Ça leur permet de comprendre qu’ils sont capables de faire du sport, » poursuit-il.
Après une méningite et un choc septique, l’une des participantes remonte sur un kayak pour la première fois : « Je suis partagée entre le stress et l’excitation… Mais ça va aller ! » affirme-t-elle, un sourire crispé sur les lèvres. Amputée d’une jambe et d’un pied, il faut se réhabituer aux sensations sur l’eau.
Frédéric Portier, qui a repris les séjours adaptés depuis trois ans avec l’association, en est convaincu : ces sorties sont primordiales. « On est H24 à l’hôpital, on ne sort presque pas les week-ends, c’est important d’être dehors pour se redonner goût aux activités et se motiver à continuer. » « C’est très bon pour le moral ! » confirme Gérard Plisson, amputé de la jambe après un accident de moto.
Tous les jours, les patients suivent au moins une heure de kinésithérapie, et un rendez-vous d’ergothérapie un jour sur deux. « Ça fait des bonnes journées, » poursuit Gérard.
Une fois sur l’eau, Magalie se montre particulièrement à l’aise. Après un accident de voiture, elle a perdu une partie de son bras gauche. Grâce à un système de scratchs fabriqué par son ergothérapeute, elle retrouve l’autonomie pour pagayer. « Franchement c’est formidable, j’ai l’impression de refaire du kayak comme j’en faisais avant avec mes enfants, » confie-t-elle.
Ces sorties permettent de déconnecter du quotidien médicalisé et d’apporter une bouffée d’oxygène aux participants. Comme le souligne Gérard, « avec les sorties qui m’ont été proposées, j’ai rechargé les batteries pour continuer la rééducation. »
Source : ICI Côte d’Azur

