Un moteur de recherche révèle des millions de données confidentielles des Français
Un site internet permet de retrouver des millions de données personnelles des Français, selon une enquête de la cellule du Vrai ou Faux de franceinfo, révélée le 11 juin 2026. Ce moteur de recherche expose des informations sensibles telles que le nom, le prénom, la date et le lieu de naissance, l’adresse postale, le numéro de passeport, le numéro de sécurité sociale, l’IBAN, ainsi que des détails sur les rendez-vous médicaux et le nombre d’enfants. Environ 1,2 milliard de données circulent sur cette plateforme.
La Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) a déclaré à franceinfo que ces services ne sont pas conformes à la législation actuelle, car ils tirent leurs informations de violations de données. Des experts en cybersécurité signalent que ces données, auparavant accessibles uniquement sur des sites payants, circulent désormais librement sur internet.
Le 12 juin, la ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique a annoncé qu’elle saisirait la justice en vertu de l’article 40 du code de procédure pénale. Initialement gratuit jusqu’au 15 juin, le site a depuis changé son modèle économique en incitant les utilisateurs à s’abonner.
L’un des créateurs, âgé de 18 ans et se présentant sous le nom de « Zalko », a déclaré qu’il ne craint pas les poursuites judiciaires, affirmant que le site ne fait rien d’illégal. Il a précisé qu’il est possible de demander la suppression de ses données personnelles, bien que cela prenne jusqu’à 29 jours.
Des enseignants d’un collège de l’Essonne ont alerté franceinfo, inquiets après que leurs élèves aient découvert leurs informations personnelles sur le site. Franceinfo a également identifié des données de fonctionnaires censées être protégées, ainsi que celles de familles de personnalités publiques.
Zalko a mentionné qu’il utilise environ 127 sources ouvertes et publiques, ainsi que des données accessibles sur le dark web. Clément Domingo, un hackeur éthique, a décrit la situation comme préoccupante, soulignant que ces compilations de données représentent un nouveau modèle économique pour certains individus.
Ce site, lancé il y a quelques semaines, proposait un essai gratuit. Les tarifs d’abonnement étaient de 10 euros par semaine et 35 euros par mois, avec des augmentations de prix prévues à l’avenir.
Source : franceinfo.