On apprend de quoi on est capable : Le hameau du Viel Audon, un chantier solidaire depuis 1972
En Ardèche, le hameau du Viel Audon est restauré petit à petit grâce à l’engagement de milliers de jeunes qui s’y succèdent chaque été. Ce chantier solidaire original existe depuis 1972.
« Vu comme ça, ça semble dur mais une fois qu’on a pris le coup de main et qu’on a fait le premier galet, on arrive à les enchaîner et c’est assez satisfaisant. » Casque antibruit sur la tête et lunettes de protection sur le nez, Sarah joue du burin comme si elle avait fait ça toute sa vie. Ils sont plusieurs, filles et garçons, assis par terre à casser des cailloux, au cœur d’un chantier de restauration qui dure depuis plus de 50 ans.
Dans les années 70, le hameau du Viel Audon, entre Aubenas et Vallon-Pont-d’Arc, était un hameau en ruine perché sur une rive de l’Ardèche. Depuis 1972, il est progressivement reconstruit par des jeunes venus chaque été participer à des chantiers collectifs. Un chantier solidaire, où l’on apprend à construire un mur, restaurer une calade et surtout tailler les pierres.
Tous les jeunes qui travaillent ici sont bénévoles. Ni animateur ni formateur, chacun met son expérience au service des petits nouveaux. Ceux qui sont déjà venus les années précédentes apprennent aux bleus les gestes et les techniques de construction.
Jeanne, 19 ans, partage son savoir en maçonnerie : « Il faut mouiller les pierres pour que ça adhère correctement sinon ça fait un peu aquaplaning de pierre. » Elle montre les gestes nécessaires sur un mur de pierres sèches qui monte lentement. Pour Laure, qui manie la perceuse, « c’est une expérience hyper enrichissante. C’est très valorisant, sur ce chantier on se rend compte de quoi on est capable. »
Grâce aux milliers de mains qui se sont couvertes d’ampoules ici depuis plusieurs décennies, le hameau niché au pied d’une falaise revit peu à peu, accueillant des chantiers internationaux de jeunes et des stages de formation à la culture coopérative. Passer quelques semaines sur le chantier permet aux jeunes de comprendre le fonctionnement d’un groupe d’une quarantaine de personnes et d’observer la force du collectif.
Le Viel Audon est encore loin d’être entièrement restauré. Si le cœur vous en dit, il reste encore quelques places disponibles cet été. Seule condition : avoir entre 15 et 25 ans.
Source : France 3 Rhône-Alpes
