Déçus et déprimés, ils ne répondront pas aux nouveaux appels à se rendre illégalement à Ceuta
Fnideq, Maroc – 15 août 2026
Vendredi 14 août, la police marocaine a mené des contrôles et des arrestations aléatoires à Fnideq, alors que de nombreux jeunes, qui avaient atteint l’enclave espagnole de Ceuta par la mer il y a deux semaines, ont décidé de ne pas répondre aux appels lancés pour une nouvelle tentative le 15 août. Malgré cela, leur rêve d’immigration vers l’Europe demeure intact.
Walid, 18 ans, a déclaré : « Non, je n’y retournerai pas, parce qu’il n’y a aucune solution pour nous là-bas. Le Maroc a exigé qu’on revienne et l’Espagne aussi voulait nous faire partir. Ils ne vont pas nous donner de papiers ou de passeport, rien du tout. » Son expérience du 30 juillet, où il a perdu deux amis, âgés de 16 et 18 ans, par noyade, a transformé son rêve en cauchemar. « Les gens s’agrippaient les uns aux autres dans la mer, c’est comme ça qu’ils sont morts. Ça m’a rendu triste, déçu et déprimé », a-t-il ajouté.
Malgré ces épreuves, Walid, qui maîtrise trois langues et a été un ancien manifestant du mouvement GenZ 212, n’a pas abandonné son aspiration à une vie meilleure. « Pour fonder une famille, gagner de l’argent, avoir une chance de trouver un travail et pour que ma famille soit fière de moi. Ici, c’est impossible de gagner de l’argent », a-t-il exprimé.
Son ami Lyan, également de Fnideq, a passé quatorze jours à Ceuta avant de décider de rentrer. Il a témoigné de conditions de vie difficiles, ne se nourrissant que de boîtes de conserve. « Là-bas, je ne mangeais pas sainement », a-t-il déclaré.
Les arrestations survenues le 14 août ont suscité l’indignation de Walid, qui a questionné la légalité de ces actions : « Pourquoi arrêter des enfants ? Quel est le sens de tout cela ? » Ce samedi, les forces de police, massivement déployées à Fnideq et sur la mer, sont prêtes à empêcher toute nouvelle tentative de passage vers le territoire espagnol.
Source : RFI



