En Tanzanie, des Masaï allient tradition et technologie pour préserver les sols
Mêler savoirs ancestraux et technologies pour mieux gérer l’utilisation des terres, c’est ce qu’a mis en place l’association African People and Wildlife en Tanzanie. Dans le nord du pays, dans le village d’Arkaria, la participation communautaire est au cœur des programmes de réhabilitation des sols dégradés.
De notre correspondante à Dar es Salaam
C’est un doux son à l’oreille de Mesia Mepukori : celui des herbes hautes qui s’écrasent sous ses pieds, signe d’un sol fertile. Depuis environ un an, ce Masaï est en charge de surveiller l’état des terres de son village. Des graduations taillées sur son bâton traditionnel l’aident à mer la hauteur de l’herbe sonore : « ici environ dix centimètres ». Autres outils indispensables : un smartphone et un mètre ruban à dérouler.
« On se place en direction du nord, on déroule le mètre et on prend une photo », explique-t-il. Une fois par mois, Mesia se positionne au même endroit et répond à un questionnaire sur son smartphone, une initiative mise en place par l’ONG African People and Wildlife, récompensée d’un prix l’an dernier.
« Là, je suis en train d’ouvrir l’application pour y entrer les informations. Le pâturage est autorisé en ce moment. Quelle est la couleur de l’herbe : verte, marron ou mixte ? Je réponds verte », détaille-t-il. Selon Mesia, cette nouvelle technologie a amélioré la façon de gérer les sols : « Avant, on regardait sans avoir de données, mais grâce à cette application, on peut faire des relevés précis chaque mois. »
Une fois enregistrées, ces informations sont transmises au centre de conservation, un bâtiment accessible à tous au cœur du village, doté d’internet et d’un grand écran. Un outil clé, comme l’explique Neovitus Sianga, responsable de la conservation et de l’environnement au sein de l’association. « Ce que nous essayons de faire, c’est de revitaliser leur système traditionnel et de le combiner avec la technologie afin de les aider à planifier et gérer les sols, mais aussi à améliorer leur qualité », souligne-t-il.
Les villageois d’Arkaria ont désormais mis en place un système de rotation des terres afin qu’elles se régénèrent. Ils sèment des graines pour offrir une nourriture de meilleure qualité à leur bétail et laissent des branches épineuses sur les sols nus. Cette dernière technique empêche les animaux d’accéder aux terres dégradées, permettant à l’herbe de repousser. Des gestes essentiels alors que la Tanzanie fait partie des endroits de la planète où les sols se dégradent le plus vite.
Source : RFI



